Français Olivier · Ständerat · 2017-03-13
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2017-03-13
Wortprotokoll
Tout d'abord, je tiens à remercier le Conseil fédéral pour la rédaction de ce rapport très riche en enseignements. Le rapport présente différents concepts et pose les bases d'une sorte de plan directeur de la politique nationale du sport, même si ce n'est pas exactement le cas puisque la question est régie par la loi. On pourrait toutefois se demander si un plan directeur ne devrait pas être élaboré; je vais essayer d'exposer mes arguments à ce sujet.
Le débat d'aujourd'hui nous permet d'élargir notre réflexion, car nous disposons, par le biais de ce rapport, d'un état des lieux de qualité sur l'encouragement du sport dans notre pays. Je déclare mes liens d'intérêts: mes activités en tant que sportif, mon engagement dans la vie associative sportive ainsi que mes anciennes fonctions de membre de l'exécutif de la Ville de Lausanne, capitale olympique, m'ont amené à vivre de l'intérieur le monde du sport et à fréquenter nombre de dirigeants d'associations sportives nationales, voire internationales. [PAGE 201]
En préambule, j'aimerais insister sur un élément: s'il est de notre devoir d'apporter un soutien subsidiaire au développement du sport et à l'activité physique dans notre pays, c'est parce qu'il véhicule certaines valeurs et qu'il est possible de lui associer des vertus éducatives, sociales et de bien-être. Par ailleurs, le sport est un instrument important de promotion de la santé et il le sera sans aucun doute encore plus demain. Le concept de la Confédération concernant la relève et le sport d'élite nous apprend ou nous rappelle également l'importance du sport dans notre pays.
A ceux qui n'auraient pas lu attentivement le document intitulé, "Concept de la Confédération concernant le sport populaire" - ou qui n'auraient pas eu le temps de le lire -, je recommande en tout cas de parcourir le chiffre 2.4 où l'on voit en particulier l'effet du sport sur notre économie. En voici quelques chiffres: en 2011 - sans aucun doute, ces chiffres ont dû évoluer positivement - le sport représentait plus de 20 milliards de francs de chiffre d'affaires pour une valeur ajoutée brute de plus de 10 milliards de francs.
Le sport contribue à hauteur de 2,5 pour cent au marché de l'emploi et de 1,7 pour cent au produit intérieur brut. C'est plus du double par rapport à l'agriculture et à l'industrie forestière; c'est plus du triple par rapport aux métiers de l'édition, aux médias audiovisuels et à la radio. Son impact sur l'emploi dépasse les effets cumulés des secteurs des assurances, de l'énergie et de l'approvisionnement en eau. Quelles subventions sont allouées? Quelle participation financière est accordée? Des cacahuètes, oserai-je dire, Monsieur le conseiller fédéral! C'est en ayant ces chiffres à l'esprit que nous nous prononcerons sur la vue d'ensemble qui nous est soumise. C'est la raison pour laquelle je vous fais part de ma relative déception, et je le dis avec modération, Monsieur le conseiller fédéral.
Les trois concepts mentionnés dans le rapport sont: la relève et le sport d'élite, le sport populaire, les infrastructures.
Prenons la relève et le sport d'élite. Pour mémoire, la motion qui est à la base de la présente vue d'ensemble chargeait le Conseil fédéral de rédiger un projet visant à promouvoir concrètement le sport de masse, la relève sportive et le sport de haut niveau, ainsi que de proposer la mise en oeuvre de projets. Il était clairement précisé que les moyens financiers devaient faire partie intégrante du projet. Or, force est de constater que le Conseil fédéral, pour ce qui concerne la relève et le sport d'élite, ne prévoit rien, à part deux ou trois études "supplémentaires". C'est un mot d'ailleurs qu'on entend et lit souvent: "moyens financiers supplémentaires", etc. Le texte se borne à dire que "le concept ... pointe la nécessité d'agir dans différents domaines", que "la Confédération, les cantons et les communes sont tenus d'intensifier leurs efforts, avec les acteurs du sport de droit privé" et que "le concept ... présente les améliorations qui pourraient être apportées aux conditions-cadres". Vous remarquerez qu'il n'y a là que du conditionnel et du théorique et aucune mention d'un soutien concret.
J'irai même plus loin: on a une lecture d'un rapport très académique, qui consiste à justifier, à énumérer sur 40 pages tout ce qui devrait être fait, mais sans rien proposer, malheureusement, pour le faire. C'est d'autant plus dommage que cela revient à condamner la relève et le sport d'élite à une double peine, puisque non seulement le sport d'élite ne recevrait aucun soutien financier supplémentaire de la Confédération, mais qu'il se verrait, de plus, privé de 15 millions de francs supplémentaires, déjà promis par Swisslos et la Loterie romande, à la condition que la Confédération fasse le même effort.
C'est pourquoi je vous encourage à soutenir la motion Eder et j'ajouterai que ce soutien est à mon sens un strict minimum. Il faut en effet savoir que Swiss Olympic avait élaboré trois scénarios de développement: un scénario idéal, à 90 millions de francs; un réaliste, à 60 millions de francs; et une version minimale, à 30 millions de francs supplémentaires. C'est ce programme de soutien minimum que nous devons absolument sauver, dans un pays où les sportifs sont sensiblement plus laissés à eux-mêmes financièrement que dans d'autres pays.
Vu les sommes dix à cent fois supérieures que notre Parlement et le Conseil fédéral sont prêts à dépenser pour soutenir des secteurs dont le poids économique est infiniment plus faible que le sport - c'est démontré dans le rapport -, je pense que nous pouvons nous permettre ce modeste effort, eu égard à l'engagement du citoyen bénévole, inestimable, qui permet au sport de fonctionner et à nos enfants et petits-enfants d'être encadrés et socialisés.
Le deuxième concept est celui du sport populaire, comme le confirment les moyens financiers supplémentaires déjà décidés au bénéfice du programme "Jeunesse et Sport" et je m'en félicite, même si le Parlement a un peu aidé le Conseil fédéral pour y arriver. Il est fondamental de continuer cet appui et je me réjouis que le Conseil fédéral soutienne finalement le programme "Jeunesse et Sport", "success story", ADN de notre pays, et qui fait d'ailleurs bien des jaloux dans les pays voisins, qui voient notre population accompagner notre jeunesse par ce système. C'est le fait de gens passionnés, qui prennent le temps d'accompagner - avec qualité, cela est dûment reconnu - nos jeunes.
Cela permet de nous assurer que l'encadrement de nos jeunes dans les clubs est souvent le fait de personnes disposant d'une formation pédagogique et technique adéquate, et on s'en réjouit. Très marginalement, cela permet de soutenir financièrement les clubs sportifs de notre pays.
Je relève que ce n'est pas ce nouveau concept qui propose de débloquer de l'argent supplémentaire, puisque la décision avait déjà été prise. Je précise, toutefois, que les montants octroyés ne vont pas permettre d'étendre le soutien au sport dans la population, mais juste de maintenir les prestations des personnes en place depuis plusieurs années.
Je note enfin qu'une autre piste de soutien est évoquée dans le concept, laquelle se réfère aux bases juridiques permettant de doubler les fonds alloués aux camps scolaires de sport de neige. C'est bien de nous rappeler que cette possibilité légale existe, mais j'aurais préféré que cette possibilité légale, nouvelle, nous permette de doubler les subsides des camps scolaires de ski, alors même que l'on voit depuis plusieurs années une diminution des moyens des cantons et des communes pour le sport de base qu'est le sport de neige. Bref, restons attentifs aux moyens qui seront alloués à l'avenir au programme "Jeunesse et Sport".
Je m'arrêterai enfin sur le troisième concept, qui traite des infrastructures sportives, particulièrement celles que le Conseil fédéral s'engage à rénover ou à construire dans les deux centres sportifs de Macolin et Tenero. Je m'en félicite. Ces centres sont aussi une richesse de la politique suisse du sport. Ils sont un outil important, voire indispensable, tant pour le sport populaire que pour le sport d'élite, l'entraînement général et les activités de nos fédérations sportives. Je me félicite donc des efforts entrepris. Tout au plus, puis-je m'interroger sur le choix de certaines infrastructures sportives et l'absence d'autres. Avant de rédiger ce concept, le Conseil fédéral aurait pu demander le lancement d'une enquête auprès de Swiss Olympic et de ses partenaires - soit 80 fédérations - pour connaître un peu mieux les besoins et attentes de chaque sport et pour fixer ensuite les priorités en matière d'investissements et d'accompagnement des sports majeurs.
Ce document aurait permis de prioriser, d'orienter et de justifier une partie des choix qui sont présentés dans le concept sur les infrastructures. En effet, rien ne nous dit que les choix effectués ne se font pas au détriment d'autres sports, dont les besoins sont peut-être tout aussi prioritaires. Il faudra peut-être que je dépose une autre intervention à ce sujet, parce qu'il est clair que l'on ne peut pas subventionner tous les sports, et encore moins tous les nouveaux sports. Il faut se fixer des priorités.
De manière un peu plus ciblée, un projet a été repoussé, celui du Centre national de sports de neige. Pour ma part, je suis d'avis que le concept unifié ne correspondait pas à celui qui aurait pu être proposé, c'est-à-dire à une répartition des sites dans les trois régions de notre pays. Cependant, son abandon me gênerait pas, mais il n'y a pas de suite en tout cas. Installer un équipement en un seul lieu m'interrogerait et je ne crois pas être le seul dans ce cas puisque, à la lecture [PAGE 202] de la consultation, il est manifeste que bien des participants combattent cette centralisation d'activités, d'autant plus que les coûts de construction et d'exploitation sont très clairement décrits comme trop importants. Bref, beaucoup de cantons possèdent déjà leur propre centre de sports de neige et ceux qui n'en ont pas préfèrent limiter au maximum les coûts de déplacement et donc organiser ces camps dans leur propre canton ou dans un canton voisin. En tout cas, aidons-les à garantir la poursuite de cette activité dans notre pays.
En conclusion, je me réjouis que Monsieur le conseiller fédéral Parmelin confirme l'augmentation des moyens octroyés à "Jeunesse et Sport" en vue de maintenir ses prestations. Il pourra peut-être nous dire qu'il en fera plus à l'avenir. Il pourrait avoir sa propre volonté! A-t-il le droit de s'exprimer? Je ne le sais pas. En tout cas, un sourire pourrait peut-être témoigner de cet engagement! (Hilarité)
Je vous demande instamment d'accepter la motion de la commission en vue de soutenir Swiss Olympic avec 15 millions de francs supplémentaires. Le sport suisse le mérite.