Marty Dick · Ständerat · 2002-03-14
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-03-14
Wortprotokoll
Comme le rapporteur l'a déjà dit, la Commission des finances, après avoir examiné attentivement le message, a approuvé le crédit à l'unanimité. Nous ne l'avons pas fait avec un très grand plaisir; je crois même qu'à cette occasion, j'ai fait la comparaison avec un souvenir de mon enfance, où je devais avaler chaque jour de l'huile de foie de morue. C'était un peu le même sentiment que nous avons eu en votant le crédit additionnel.
Nous devrons faire à la fin un bilan du prix payé par rapport à la prestation obtenue. Pour toutes ces raisons, je ne comprends pas de nombreuses critiques qui ont été faites jusqu'à présent. Le jugement définitif sera fait à la fin de la manifestation. Je pense que ce bilan sera bien différent de ce qui a été avancé aujourd'hui.
Il est vrai que l'économie a contribué, mais il est vrai aussi qu'elle n'a pas contribué dans la mesure espérée. Je pense que nous avons fait là une erreur stratégique. Je ne crois pas, avec la philosophie et la mentalité de "shareholder value", qu'on rencontre dans l'économie actuelle, que celle-ci investisse dans une exposition nationale - elle investit peut-être dans la Formule 1 ou dans d'autres types de manifestation.
C'est la tâche de l'Etat, de notre société, de pouvoir faire une dépense - les chiffres ont été donnés - une fois tous les vingt ou trente ans, pour créer une grande fête nationale, un lieu de rencontre entre les différentes parties du pays, une manière non seulement de se rencontrer mais aussi de s'interroger sur le passé et notre avenir. Une société ne peut pas se limiter à simplement parler d'argent, de frein aux dépenses, de "Schuldenbremse". Loin de moi l'idée de dire que l'aspect financier n'est pas important, mais pour moi, ce n'est pas une finalité, c'est un instrument. Je n'aimerais pas que l'on oublie le but de cette manifestation, car je l'estime importante justement pour un pays comme le nôtre.
Au fond, ce débat me conforte dans l'opinion qu'il me semble entrevoir dans notre pays et notre société une incapacité d'exaltation. On est un peu des handicapés de l'enthousiasme. Tout en étant l'un des pays les plus riches du monde, l'un des pays où les habitants ont le plus de chance par rapport à tous les autres êtres qui vivent sur la planète, on a souvent l'impression qu'on ne fait que se plaindre. Et l'on est absolument incapable de s'identifier dans un projet où l'élément commercial n'est pas au premier plan, mais où il y a, au premier plan, une rencontre entre les différentes parties du pays. Cette somme - vous l'avez entendu, 900 millions de francs, c'est la part de l'Etat -, pour une manifestation qui a lieu tous les vingt ou trente ans, ça me paraît tout à fait soutenable. Je vous rappelle que chaque année, sans discussion, dans cette salle, on vote des crédits supérieurs pour l'armement. Comparaison n'est pas raison, mais ça donne quand même un certain ordre de grandeur.
Je fais partie de ceux qui pourraient assister à ce spectacle avec une certaine "Schadenfreude". L'Expo avait été formellement promise à la Suisse italienne par le Conseil fédéral et, une fois de plus, les promesses faites au Sud des Alpes - mais on en reparlera - n'ont pas été respectées. Néanmoins, j'attends avec enthousiasme, en ce qui me concerne, cette manifestation et je suis certain qu'elle aura un résultat nettement meilleur que ce que beaucoup d'entre vous ont laissé entendre aujourd'hui.