Burkhalter Didier · Bundesrat · 2017-06-14
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2017-06-14
Wortprotokoll
La motion vise donc à accroître l'effort concret de solidarité de notre pays face à cette désastreuse crise syrienne. C'est ce que nous nous efforçons déjà de faire, cela a d'ailleurs été dit par Monsieur le conseiller national Glättli. Evidemment, on peut toujours en faire plus, et cela, c'est à vous de le décider.
Voici ce que je peux vous dire, au nom du Conseil fédéral, sur les trois points de la motion.
Sur le premier point, qui concerne l'aide sur place, nous sommes tout à fait d'accord avec l'idée qu'il faut beaucoup investir dans l'aide sur place. Mais cette aide sur place a déjà été renforcée, de manière générale, par le Conseil fédéral et grâce au soutien accordé par le Parlement dans le cadre du budget. Les moyens de l'aide humanitaire et de la coopération au développement pour la Syrie, puisque nous les avons additionnés en quelque sorte, surtout pour ce qu'on appelle la résilience, atteignent cette année 66 millions de francs, contre 50 millions l'année passée. Cette aide a permis, l'année passée, de fournir un hébergement à 40 000 personnes, un accès à l'éducation à 70 000 personnes et une assistance alimentaire à 120 000 personnes. C'est notre part; la Suisse fait donc sa part en ce qui concerne l'aide sur place, dans toute la région.
Cette année, cette aide continue et va s'intensifier. J'étais il y a quelques semaines en Jordanie, parce que c'est toute la région qui est touchée et qu'il faut particulièrement soutenir la Jordanie et le Liban pour la résilience. En Jordanie, des projets d'écoles concernent des dizaines de milliers d'enfants. Il y a aussi des projets relatifs à l'eau, notamment dans le camp de réfugiés d'Azraq, qui compte maintenant 36 000 personnes, et pour lequel, il y a environ une année et demie, la Suisse avait promis, en collaboration avec l'Unicef, de régler le problème de l'eau. En effet, ce camp n'était pas alimenté en eau potable, si ce n'est par celle amenée en camions par un cheminement assez long, puisque ce camp se trouve en plein désert, à vingt kilomètres de la Syrie.
On a réglé le problème en creusant des puits et en créant un réservoir en hauteur. Cela permet d'offrir de l'eau potable pour tout le camp à meilleur marché et même en économisant 1 million de francs par année. C'est 1 million que l'Unicef économise et peut mettre à disposition de l'éducation des enfants. Beaucoup de choses se font donc en partenariat direct avec la Suisse et cet objectif de la motion, à notre avis, est réalisé. C'est à vous de savoir s'il faut en faire encore plus.
S'agissant du deuxième point, la Suisse accueille des réfugiés et continuera à participer activement aux programmes de réinstallation - comme on dit - et de relocalisation - comme on dit aussi - et jusqu'à 5000 personnes seront admises d'ici fin 2018. Il s'agit principalement de ressortissants syriens. Cet accueil peut se faire avec les structures existantes de la Confédération et des cantons.
En ce qui concerne le troisième point, l'aide privée, nous saluons tout d'abord les efforts - remarquables - des Suisses et des oeuvres d'entraide qui sont engagés dans l'intégration des réfugiés. Nous sommes prêts à examiner l'élaboration d'un projet de loi réglant la participation des acteurs privés. Sur la base de cet examen, nous déterminerons la pertinence de ce type de solution et l'éventuelle forme qui pourrait lui être donnée.
De manière générale, nous estimons donc que les objectifs de la motion sont déjà atteints. En tout cas, nous nous efforçons de les atteindre. Nous sommes d'avis que nous en faisons déjà beaucoup, y compris dans le soutien à la recherche d'une solution politique par la Genève internationale et par le soutien de la Suisse à l'équipe de médiation. Dans cet esprit, nous estimons que l'on peut rejeter la motion, parce qu'elle est déjà réalisée. Mais, je le répète, c'est à vous qu'il appartient d'apprécier quelle doit être l'intensité de l'intervention de la Suisse.