Golay Roger · Nationalrat · 2017-09-19
Golay Roger · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2017-09-19
Wortprotokoll
En ma qualité de représentant du Mouvement citoyens genevois, deuxième force politique du canton de Genève, je me dois de faire part de notre position par rapport à l'initiative "Sortons de l'impasse! Renonçons à établir des contingents d'immigration", dite initiative RASA.
Tout d'abord, ce qui nous choque profondément, c'est la chronologie de cette initiative. En février 2014, le peuple suisse a accepté l'initiative populaire fédérale "contre l'immigration de masse". Sans attendre que le Parlement ait finalisé la mise en oeuvre de cette initiative, un comité s'est formé pour proposer d'abroger, au travers de l'initiative RASA, les articles 121a et 197 chiffre 11 de la Constitution, qui venaient d'être acceptés par le peuple suisse.
Même si cette proposition est parfaitement démocratique, chacun pouvant proposer à tout moment une modification de loi, cela a créé dans ce cas précis une confusion extrême ainsi qu'un manque de considération envers la majorité des électeurs qui ont fait l'effort de se prononcer. Il aurait été plus sage, pour le comité d'initiative, d'attendre les conclusions du Parlement sur la mise en oeuvre et de lancer, si nécessaire, un référendum, que d'anticiper de manière maladroite le suivi parlementaire de cette question. Le seul effet de la "méthode RASA", c'est d'avoir créé un trouble inutile dans l'esprit des électeurs.
Pour revenir sur le fond de l'initiative RASA, la crainte principale des initiants était de devoir faire face à des effets induits de l'initiative "contre l'immigration de masse", qui auraient mis en danger les accords bilatéraux avec l'Union européenne, notamment la libre circulation des personnes.
Les accords bilatéraux n'ayant pas été mis en difficulté par la loi d'application votée par le Parlement, il aurait été de bon aloi que cette initiative fût retirée.
Maintenant, notre conseil doit se prononcer sur la recommandation de vote de cette initiative, voire lui opposer un contre-projet.
A ce sujet, le Mouvement citoyens genevois est catégorique. Il faut recommander le rejet de cette initiative sans lui opposer de contre-projet. Nous estimons que l'initiative dite RASA va dans le sens contraire de la décision populaire qui a été prise il y a peu de temps.
Le peuple suisse a souhaité, en parfaite connaissance de cause, freiner l'immigration massive dans notre pays. En effet, l'arrivée excessive de nouvelles personnes sur notre sol est devenue l'une des principales préoccupations de nos concitoyens.
Un grand nombre de nos habitants s'inquiètent de cette immigration incontrôlée qui menace nos équilibres intérieurs. Beaucoup de nos travailleurs voient leur emploi menacé par la sous-enchère salariale que provoque cet afflux. Nous observons que notre paysage devient de plus en plus mité par de nouvelles constructions bouleversant notre environnement, que nos infrastructures de transport sont saturées comme bien d'autres équipements publics. Il est évident que l'entrée de 80 000 nouvelles personnes chaque année dans notre pays pour s'y établir crée un malaise au sein de la population.
A Genève, canton où j'ai été élu, ce malaise est perceptible encore davantage que dans d'autres régions de Suisse, en raison de la délivrance de plus de 100 000 permis frontaliers, ce qui est considérable par rapport à la population.
L'afflux de ces frontaliers a créé des effets insupportables pour une partie très importante de nos habitants, a des répercussions sur l'emploi mais aussi sur le niveau salarial. Ce n'est pas pour rien qu'à Genève le taux de chômage figure parmi les plus élevés de Suisse, en raison d'une politique fédérale laxiste qui ne répond pas aux attentes de la majorité de la population.
Malheureusement, cette politique est dramatique pour nombre de nos concitoyens qui se retrouvent dans une véritable impasse.
L'initiative dite RASA veut abroger des dispositions constitutionnelles issues de l'initiative "contre l'immigration de masse", alors que lesdites dispositions, en raison de la loi de mise en oeuvre, répondent de manière squelettique à la volonté du peuple. C'est pourquoi abroger ces articles constitutionnels si timidement appliqués relève de la pure provocation et, de ce fait, nous pouvons considérer que l'initiative RASA fait un usage abusif des droits populaires.
Le Mouvement citoyens genevois est d'avis que la politique actuelle menée contre l'immigration de masse est désastreuse et, même si nous étions opposés à la mollesse des parlementaires qui ont décidé de la loi de mise en oeuvre, nous ne pouvons accepter de réduire encore davantage l'acquis inexistant obtenu à la suite du vote populaire. D'ailleurs, notre mouvement, la Lega et l'UDC sont les seuls à être à l'écoute de la population, laquelle est exaspérée par l'indifférence des pseudo-élites qui, dans leur tour d'ivoire, restent sourdes aux préoccupations quotidiennes de tout un chacun. C'est pourquoi le Mouvement citoyen genevois, à l'écoute de cette inquiétude légitime, envisage fortement, avec d'autres partenaires, de participer au lancement d'une initiative contre la libre circulation des personnes.
Pour toutes ces raisons, je vous invite à recommander le rejet de l'initiative RASA.