Comte Raphaël · Ständerat · 2017-09-26
Comte Raphaël · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2017-09-26
Wortprotokoll
Je crois qu'il s'agit, dans ce débat, de ne pas tomber dans le "post bashing". Comme toute entreprise, la Poste fait d'excellentes choses tandis que d'autres choses le sont un peu moins et sont naturellement soumises à la critique. Notre débat doit contribuer à améliorer ce que fait la Poste sans que nous tombions dans la critique permanente.
Toutefois, le fait est qu'il existe un certain malaise aujourd'hui. Ce malaise est assez profond et il s'agit de voir comment nous pouvons apaiser cette situation. Je ne pense pas que le rejet de la motion, comme le propose le Conseil fédéral, soit la meilleure solution pour y parvenir. Si nous ne tenons pas compte des ressentiments exprimés au sein de la population, nous nous exposons à des propositions beaucoup plus extrêmes pouvant prendre la forme d'initiatives populaires - nous l'avons vu avec l'initiative "En faveur du service public" qui avait été rejetée en 2013 -, ce qui reviendrait à prendre une très mauvaise direction. Nous devons atténuer le sentiment de malaise en apportant des réponses au problème et nous avons une responsabilité collective en la matière, puisque nous sommes tous des consommateurs. Nos habitudes de consommation ont sans doute évolué, et c'est un fait que nous utilisons différemment les services postaux par rapport à il y a dix ou vingt ans. Une évolution est en cours; elle est très, voire trop, rapide et laisse, peut-être, un certain nombre de consommateurs, de clients de la Poste sur le bord de la route.
Il me paraît très important que les solutions alternatives soient vraiment bonnes. Or, pour l'instant, on ne peut pas dire que les solutions alternatives aient donné entièrement satisfaction. Certes la Poste a annoncé que, depuis ce mois, des virements en espèces au domicile sont possibles. C'est une évolution qui est positive, car il s'agissait d'une carence importante parmi les solutions alternatives. Des mesures ont également été prévues pour les PME. Il y a donc une amélioration dans le domaine des solutions alternatives.
Le seul problème que nous avons aujourd'hui, c'est que nous n'avons pas le recul nécessaire pour évaluer ces solutions alternatives afin de voir comment les nouvelles mesures qui sont prises vont effectivement donner satisfaction. De plus, nous ne savons pas si ces mesures seront pérennes. Nous avons reçu une lettre de Syndicom, qui est à mon avis à prendre avec des pincettes; il y figure un certain nombre d'affirmations et d'accusations, et je ne souhaite pas, pour ma part, les reprendre. J'ai confiance en la bonne foi de la Poste lorsqu'elle prend un certain nombre de mesures, mais le fait est qu'il faut maintenant voir si les mesures mises en place par la Poste seront durables ou si ce sont simplement des effets d'annonce pour apaiser un peu le monde politique.
Je crois donc que la motion permet de créer les bases d'un véritable dialogue. Le Conseil fédéral fait référence, dans sa réponse, aux discussions qui sont initiées par la Poste avec les cantons, en mentionnant que "les cantons ont pu faire valoir leurs besoins régionaux spécifiques". Or le dialogue aujourd'hui, entre la Poste et les collectivités publiques, se limite plutôt à une forme d'information: on informe les collectivités publiques qu'un bureau va fermer, que des solutions alternatives seront trouvées, et la collectivité publique n'a pas vraiment la possibilité d'intervenir. Je l'ai vécu moi-même lorsqu'un bureau de poste a fermé dans ma commune, j'étais alors membre de l'exécutif communal: si nous avons pu exprimer notre mécontentement, cela n'a pas eu beaucoup d'effet. Je crois que cette motion donne les bonnes bases pour recréer ce dialogue. [PAGE 709]
La présidente de la Confédération, Madame Leuthard, nous avait demandé, lors d'une précédente session, ce que nous attendions - nous, parlementaires - de la Poste. Je crois que nous ne voulons pas retourner vingt ans en arrière, parce que ce serait une entreprise postale qui ne correspondrait pas aux besoins actuels. Toutefois, l'évolution de la Poste doit être beaucoup mieux accompagnée et les solutions alternatives, notamment, doivent être meilleures, mieux pensées et complétées.
Des mesures ont été prises et sont mises en place par la Poste, mais nous devons encore voir si, véritablement, ces mesures seront pleinement adaptées et si elles resteront en vigueur suffisamment longtemps. Je pense que cette évolution est nécessaire, mais peut-être qu'elle ne tient pas suffisamment compte, aujourd'hui, de tous les clients de la Poste. La motion mérite donc d'être soutenue.