Bulliard-Marbach Christine · Nationalrat · 2017-12-07
Bulliard-Marbach Christine · Nationalrat · Freiburg · CVP-Fraktion · 2017-12-07
Wortprotokoll
Ich lege meine Interessenbindung dar: Ich bewirtschafte einen Landwirtschaftsbetrieb und bin Präsidentin der Schweizerischen Arbeitsgemeinschaft für die Berggebiete und von "Pays romand - Pays gourmand".
L'initiative populaire "pour la souveraineté alimentaire" s'inscrit dans un vaste débat en cours sur la politique agricole de notre pays. Après avoir massivement adopté l'article 104a de la Constitution en septembre dernier, un article qui soutient clairement la production indigène, le peuple devra se prononcer sur cette nouvelle initiative l'an prochain.
Pour résumer son contenu, qui s'applique à de nombreux aspects de notre politique agricole, nous pouvons dire qu'elle vise à encourager les petites exploitations familiales et l'approvisionnement régional. Cela se traduirait par de nombreuses actions et par une forte intervention de l'Etat dans le domaine agricole.
Certaines de ces interventions sont souhaitables, telles que l'encouragement d'une agriculture diversifiée et rémunératrice pour les familles paysannes ou l'amélioration de la transparence des marchés et une meilleure information sur les denrées alimentaires. D'autres entreraient fortement en contradiction avec la politique menée depuis 25 ans et conduiraient à affaiblir encore le positionnement de l'agriculture suisse en comparaison internationale. Malgré tous ses défauts, l'initiative "pour la souveraineté alimentaire" a un mérite: elle propose une vision de l'agriculture suisse, un projet d'avenir pour les familles paysannes au service de la société suisse.
Nous ne pouvons malheureusement pas en dire autant du rapport du Conseil fédéral intitulé "Vue d'ensemble du développement à moyen terme de la politique agricole" du 1er novembre 2017. Ce rapport, préambule à la Politique agricole 2022, postule "une composante internationale exigeante" concrétisée par une diminution drastique de la protection douanière et donc des prix payés aux producteurs.
Monsieur le conseiller fédéral, ce rapport ne tient pas compte du vote populaire du 24 septembre dernier et de nombreux autres votes lors desquels nos citoyens n'ont eu de cesse d'exprimer leur volonté de soutenir avec force nos familles paysannes. Les citoyens suisses ont voté pour une agriculture familiale de proximité, et l'avenir que l'on nous prépare à Berne est une ouverture la plus grande possible vers l'étranger.
Cette stratégie doit être rejetée pour de nombreuses raisons. D'abord, nous n'avons à l'heure actuelle aucune pression concrète pour ouvrir le marché. Je rappelle que le fameux accord de libre-échange transatlantique n'est plus souhaité et que les négociations à l'OMC sont au point mort.
Ensuite, l'ouverture des frontières signifie qu'il y aurait un accroissement significatif de cessations d'activités. Avec une telle évolution, il ne sera bientôt plus possible pour les jeunes de se lancer dans ce métier, car il n'y aura pas de perspectives. Cela m'inquiète fortement, aussi comme présidente du Groupement suisse pour les régions de montagne.
Enfin, la compensation de l'ouverture aux frontières repose sur une hypothétique hausse de la TVA, qui ne profitera pas aux consommateurs. S'ajoute à cela le fait que la baisse des protections douanières aura pour conséquence de faire baisser la qualité des produits et le niveau de protection de l'environnement.
Pour revenir à l'initiative qui nous est soumise, si elle n'est pas la panacée pour sauver l'agriculture suisse, elle a mérite de montrer sous un jour cru la stratégie du Conseil fédéral, qui déplaît.
Ich werde mich meiner Stimme enthalten. Herr Bundesrat, ich war auch in Bulle am "Salon goûts et terroirs"; Sie haben gesagt, dass es für Sie wichtig sei zu diskutieren. Ich freue mich, wenn Sie dies tun.