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Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · 2002-06-10

Eggly Jacques-Simon · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-06-10

Wortprotokoll

Mes chers collègues, je vous pose cette question: est-ce que vous trouvez tout à fait normal que l'on soit ainsi à discuter d'une foule de propositions, les unes fixant la durée de l'école de recrues à 15 semaines, les autres à 18, les autres à 18 à 21, les autres à 21 semaines? Mais qui sommes-nous, pour pouvoir, nous, parlementaires de milice, décider que ce qu'il faut pour la formation par rapport au nouveau concept d'"Armée XXI", c'est tant de semaines ou tant de semaines?

M. Hess Walter l'a dit avec beaucoup de pertinence tout à l'heure, il y a vraiment quelque chose, comment dirai-je, de [PAGE 827] présomptueux. En tout cas, aux yeux de la majorité de la commission, il y a quelque chose - je suis un peu vif, excusez-moi - qui frise un peu le ridicule. Pourquoi est-ce que tel député, tout d'un coup, saurait ce qu'il faut pour la formation? Alors, qu'on parle des besoins de l'économie, c'est autre chose, mais que l'on dise que ça suffit d'avoir tant de semaines, j'aimerais bien savoir au nom de quelle science les députés qui nous ont parlé peuvent nous dire des choses pareilles alors que le Conseil fédéral, lui, nous présente un projet dans lequel il nous explique pourquoi il pense qu'il faut en général 21 semaines?

Je crois qu'il faut laisser la compétence au Conseil fédéral. Nous aurons le vote final là-dessus. Mme Polla l'a dit tout à l'heure: en quoi est-ce que le Conseil fédéral mériterait notre méfiance et pourquoi faudrait-il que ce soient nous, ici, maintenant, qui décidions du nombre de semaines que dure l'école de recrues?

Madame Dormond, j'espère que quand vous parlez de la formation des apprentis, vous êtes un peu plus cool en ce qui concerne le nombre d'heures comprimées par jour et par semaine, parce qu'à mon avis, à ce moment-là, vous aurez quelques problèmes avec vos camarades socialistes! Mais en ce qui concerne le nombre d'heures, je crois que si la formation doit être de qualité, il ne faut pas forcément non plus allonger les journées comme ça, jusqu'à satiété et saturation pour les gens. Je sais que vous allez me dire qu'il y a des pertes de temps, mais même s'il y a des pertes de temps, il y a aussi des fatigues, Madame Dormond, en ce qui concerne l'école de recrues.

Puisque nous aurons une succession de votes, j'en arrive maintenant à ce que nous a dit le Conseil fédéral. Je le répète, aux yeux de la majorité de la commission, la compétence doit être laissée au Conseil fédéral, qui considère qu'il doit y avoir une flexibilité. Encore fallait-il que le Conseil fédéral nous expliquât quel était son modèle et quelles étaient les raisons pour lesquelles il a cru que 21 semaines étaient préférables. Ce qu'il nous a dit a semblé très convaincant pour la majorité de la commission. Les besoins de l'instruction ont augmenté; la formation de base doit être terminée à la fin de l'école de recrues, ce qui n'était pas le cas avec "Armée 95". Cette formation comprend également l'instruction en formation, ce qui n'était pas le cas avec "Armée 95"; on a donc une sorte d'élévation du niveau de formation en fin d'école de recrues, de manière à ce que, dans les cours de répétition, les soldats soient immédiatement opérationnels.

Par rapport à "Armée 61", le temps d'instruction a été raccourci. La technique a évolué, la signification de l'instruction en formation en tant que système a évolué. Nous avons besoin maintenant, avec "Armée XXI", de troupes multifonctionnelles, rapidement engageables dans le domaine de la garantie des conditions d'existence. Et nous aurons donc des formations immédiatement en mouvement dans les cours de répétition.

Ces unités doivent donc être instruites plus et mieux qu'avant, et on peut dire que c'est le prix à payer pour la réduction des effectifs, réduction qui fait aussi partie du modèle "Armée XXI". Dans une armée multifonctionnelle dont les effectifs sont réduits, le soldat doit être aussi multifonctionnel. C'est la raison pour laquelle sa formation doit être de haut niveau.

Le Conseil fédéral nous explique que dans l'infanterie, l'artillerie, les troupes blindées et certains éléments de la logistique, l'instruction durera à peu près 21 semaines. Dans d'autres troupes, on pourra se contenter de 18 semaines. Et peut-être que pour les grenadiers, il en faudra davantage.

Ce que j'aimerais dire pour terminer, parce que je pense aux étudiants notamment, qui ont été évoqués, c'est qu'il y a une possibilité, que nous discuterons à un autre article, de pouvoir effectuer l'école de recrues en deux parties. Par conséquent, nous pourrons tenir compte des besoins de ce genre.

Tout étant donc considéré, la majorité de la commission estime que la confiance doit être donnée, surtout moyennant les explications qu'il nous a présentées, au Conseil fédéral. Et puisque nous devons d'abord discuter du fond et du concept, cette confiance va naturellement au modèle que nous présente le Conseil fédéral, soit en général 21 semaines, mais avec une flexibilité possible vers le bas, 18 semaines, et vers le haut.

Je vous demande donc d'adopter la proposition de la majorité de la commission.