Polla Barbara · Nationalrat · 2002-06-11
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-06-11
Wortprotokoll
Le groupe libéral est sensible à certains des arguments développés par Mme Ménétrey-Savary et à la nécessaire cohérence entre l'engagement humanitaire de la Suisse par rapport aux enfants, et plus particulièrement aux enfants soldats dans le monde, et nos propres lois. D'ailleurs, c'est sur mon initiative, avec le soutien bien sûr du groupe libéral et du Parlement, que figure désormais dans l'ordonnance sur le matériel de guerre le fait que l'exportation d'armes est interdite vers les pays qui utilisent des enfants soldats.
Le groupe libéral estime cependant qu'il existe une indubitable inadéquation entre l'objectif poursuivi par Mme Ménétrey-Savary et la mesure proposée. En effet, l'instruction prémilitaire comprend l'instruction aéronautique préliminaire, les cours radio ou de pionniers et les cours de jeunes tireurs. Toutes activités qui ne rentrent pas dans le cadre de l'engagement volontaire. Même si le groupe libéral peut donc être [PAGE 842] sensible à la proposition de ne pas organiser des cours de tir pour des adolescents de 16 ans, il estime cependant que l'instruction aéronautique et les cours radio, par exemple, ne peuvent causer de tort à aucun jeune qui les suit. Bien au contraire, comme toute formation, ces cours peuvent être stimulants et structurants.
En ce qui concerne plus spécifiquement les cours pour jeunes tireurs, il y a aussi lieu de faire très clairement la distinction dans notre petit pays pacifique entre une formation d'une part, et un engagement militaire d'autre part. Je pense qu'il n'est pas du tout possible de parler, pour des adolescents de 16 ans qui suivent des cours de jeunes tireurs, d'enfants soldats chez nous en Suisse. Mais surtout, la suppression de l'article 64 ne concerne pas vraiment la question de fond qui préoccupe Mme Ménétrey-Savary, puisque en fait celle-ci propose de supprimer le soutien financier aux associations qui organisent cette formation préliminaire d'une part, et l'organisation de cours de formation par le Conseil fédéral d'autre part. Mais ceci ne supprime en rien la possibilité d'organiser de tels cours et n'augmente pas non plus la connaissance que nous avons des effets de tels cours sur le civisme et la civilité des jeunes qui les suivent.
Je crois que la réalité de la violence ambiante, et notamment de la violence adolescente, doit nous conduire à évaluer les choses de façon très précise et à ne pas faire des présomptions avant évaluation. En fait, ces cours pourraient tout à fait avoir, contrairement à ce que suspecte Mme Ménétrey-Savary, des effets positifs et structurants. La mesure proposée ne permet pas non plus d'augmenter la qualité de l'évaluation et du contrôle des activités de formation prémilitaires.
Le groupe libéral estime donc qu'il y a lieu de rejeter la proposition Ménétrey-Savary.
A titre personnel, je m'abstiendrai cependant, étant donné que je partage les préoccupations de Mme Ménétrey-Savary mais que je désapprouve la mesure proposée.