Bauer Philippe · Nationalrat · 2018-09-13
Bauer Philippe · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2018-09-13
Wortprotokoll
Vous l'avez entendu et vous l'aurez sans aucun doute compris, trois visions s'opposent: celle du Conseil fédéral, qui propose un concept global en matière d'équipement de l'armée avec des gilets de protection balistique; celle du Conseil des Etats, soutenue par la minorité I (Sommaruga Carlo), qui, estimant que le risque n'est pas le même pour tout le monde, a pour but de n'acquérir que la moitié du nombre de gilets de protection; et celle de la minorité II (Mazzone), qui propose un nombre indéterminé de gilets de protection mais surtout qui souhaite que toute la discussion soit reprise.
Cinq éléments ont conduit la majorité de la commission à vous proposer d'accepter aujourd'hui le projet du Conseil fédéral.
Le premier concerne la nature des gilets de protection. Ceux-ci ne sont certes pas considérés comme du matériel personnel: c'est du matériel de corps. Malgré tout, c'est une protection individuelle, c'est une pièce d'équipement que chaque soldat doit recevoir, quel que soit son engagement et quelle que soit finalement sa mission. N'oublions pas qu'une des missions de chaque militaire est de pouvoir, si nécessaire, combattre et tenir la position où il se trouve.
Le deuxième élément, c'est que, dans le cadre du projet DEVA, nous l'avons dit, nous l'avons promis, nous avons exigé que l'armée soit complètement équipée. Une armée complètement équipée signifie une armée dans laquelle tous les soldats sont équipés, la même question pouvant se poser aussi pour un employé de bureau. Est-ce qu'il a véritablement besoin d'un uniforme? L'armée doit, par conséquent, être équipée, et l'équipement de base nécessite que, lorsqu'on est engagé ou qu'on risque d'être engagé, on soit protégé.
La troisième raison, je l'ai déjà abordée lors du débat d'entrée en matière, concerne la façon dont nous allons répondre à la menace qui n'est plus linéaire, qui n'est plus quelque chose [PAGE 1345] qui concerne un front clairement déterminé. On ne sait pas ce qui peut se passer; on ne sait pas dans le détail ce qui pourrait arriver. Je dois enfin ajouter que, dans les engagements subsidiaires, les gilets sont aussi utiles, non seulement contre d'éventuels coups de fusil ou de pistolet, mais aussi en cas d'agression, que ce soit des agressions au couteau ou que ce soit des agressions à la hache.
Enfin, l'argumentation du Conseil fédéral - ce concept global sur le nombre de gilets qui doivent être à la disposition des écoles de recrues, de l'armée et des réserves -, a aussi convaincu la Commission de la politique de sécurité.
C'est pour cela que le commission vous propose, par 16 voix contre 9, de rejeter la proposition défendue par la minorité I (Sommaruga Carlo) et, par 16 voix contre 3 et 6 abstentions, d'en faire de même avec la proposition défendue par la minorité II (Mazzone).
Je précise encore que la Commission des finances partage l'avis du Conseil fédéral et de la majorité de la Commission de la politique de sécurité. Or, la Commission des finances n'a pas pour réputation d'être particulièrement dépensière. Elle a même, parfois, plutôt la réputation de faire preuve d'une certaine radinerie. Alors si, aujourd'hui, elle est, elle aussi, convaincue par la nécessité et la possibilité d'engager ces montants, il faut croire que, comme la Commission de la politique de sécurité, il convient aujourd'hui de suivre le Conseil fédéral.