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Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2018-09-18

Wortprotokoll

Cette discussion ne me surprend pas vraiment parce que, en réalité, il y a toujours des discussions passionnées lorsqu'on parle de ce que nous appelons les "musées de tiers". Ce sont des musées privés, cantonaux ou communaux, qui bénéficient d'un soutien de la Confédération d'un montant global pas si élevé: il se situe à 5 ou 6 millions de francs par année. Cela ne concerne pas beaucoup de musées: pour la prochaine période il s'agit de treize musées sur les plus de 1100 que compte le pays. Evidemment, c'est toujours un sujet qui génère des réactions passionnelles et émotionnelles.

La situation actuelle n'est pas non plus une surprise: elle est la résultante de la mise en place d'un système que, comme nous, vous avez souhaité, de critères objectifs de soutien aux musées de tiers, dont le but est précisément d'éviter le principe de la loterie qui fait que, en fonction des majorités, les montants attribués aux institutions varient.

Nous avons fait ce travail, et je me souviens très bien de l'intervention de Monsieur Eder dans le débat sur le message culture qui demandait que cela soit mis en place de manière rapide, avec une entrée en vigueur en 2018. Nous l'avons fait. Nous avions dit qu'il s'agissait d'un travail compliqué en raison du grand nombre d'acteurs concernés; mais nous l'avons fait en étroite collaboration avec les cantons. C'est d'ailleurs un représentant d'un canton qui a piloté le groupe de travail lors du dialogue culturel national pour mettre cela en place. Et nous avons réussi à le faire. Il y a eu une mise au concours, des experts ont travaillé et rendu leurs conclusions. Ce travail a abouti à la reconnaissance de treize musées ayant droit au [PAGE 689] soutien fédéral, sur les plus de 1100 musées que compte le pays. Et, oui, ce n'est pas une surprise, le Musée alpin suisse est l'un des treize musées soutenus. Il est soutenu parce qu'évidemment comme vous l'avez rappelé Monsieur Engler, le Musée alpin suisse porte la réflexion non seulement sur les montagnes, sur nos Alpes - pas seulement les Alpes d'ailleurs, car les montagnes désignent plus que cela, il y a aussi le Jura, dans notre pays, qui pourrait d'ailleurs se sentir floué si on parle de musée alpin - mais également sur ce qu'elles signifient pour nous. Et donc, ce musée est reconnu.

Monsieur Stöckli a parlé d'une diminution de la contribution de 75 pour cent. Ma foi, si je peux le formuler ainsi, ce n'était que la correction inhérente à l'application des critères objectifs décidés par le Parlement. Cette diminution de 75 pour cent permet de rappeler que la subvention précédente de la Confédération pour ce musée représentait une part conséquente de son budget.

En revanche, pour toutes les autres entités, c'est une part plutôt minime qui est à la charge de la Confédération. Mais celle-ci offre une reconnaissance et un soutien à ces musées. C'est la simple application de ces critères objectifs qui a conduit à cela. Nous pouvons concevoir que ce n'est pas facile pour le Musée alpin suisse, c'est clair. C'est la raison pour laquelle nous avons souhaité, d'une part, l'annoncer assez vite, d'autre part, pouvoir accorder un délai de transition.

Cela a engendré pas mal de discussions, que vous connaissez. Il s'agit notamment de la recherche, de manière aussi constructive que possible, d'une solution durable. Il y a eu ensuite la discussion autour de la question du réseau, et celle de savoir - comme vous l'avez demandé - si le Musée alpin suisse devrait devenir un musée de la Confédération. Toutes ces pistes ont été évaluées, analysées. Il nous semble donc que l'idée du transfert dans le domaine de réseau nous paraît pouvoir être creusée. C'est la raison pour laquelle je signerai très prochainement l'ordonnance qui fixe le changement du statut du Musée alpin suisse.

Cela dit - et il faut être clair à ce sujet -, en soi, ce transfert ne modifiera pas le montant de la subvention, qui a été fixé à 250[NB]000 francs par année. Il ne serait pas très juste que le simple transfert conduise à ce que les moyens alloués soient multipliés - juste comme cela. S'il doit y avoir plus de moyens, c'est parce qu'il y a plus de projets; s'il y a plus de moyens, "Mehrmittel", cela signifie qu'il y a une plus-value, une "Mehrwert". Nous sommes très attentifs à une application de principes budgétaires et à des dépenses qui soient tournées vers l'"efficience". On ne peut pas admettre - comme cela - d'allouer plus de moyens sans savoir quelle sera la plus-value qui sera atteinte. C'est une question qui doit encore être examinée en détail. Il incombera au Parlement de décider du budget global. Ensuite, il nous appartiendra, avec l'Office fédéral de la culture, de voir quels moyens pourront être attribués en fonction des projets qui peuvent être développés.

J'aimerais terminer en évoquant encore la question du rattachement au Musée national suisse, parce que c'est une question que vous avez posée sur laquelle je ne me suis pas encore arrêté. Les musées spécialisés, c'est-à-dire focalisés sur un thème unique, comme le Musée alpin suisse, ont été détachés, justement, du groupe Musée national suisse. Un rattachement serait donc artificiel et demanderait une révision de la loi; c'est aussi la raison pour laquelle nous avons écarté cette option et nous sommes concentrés sur l'option du réseau. Nous le faisons de manière aussi constructive que possible, même si le dialogue n'a pas toujours été des plus simples.

Nous devons aussi respecter ici les principes que nous appliquons à d'autres institutions, à d'autres réseaux, aux autres musées. Il y a des moyens, oui, mais ces moyens ne peuvent pas devenir dominants dans le budget d'un réseau ou d'un musée "de tiers", et nous devons encore avoir un débat, une discussion, qui fasse le lien entre les projets et les moyens à disposition.

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