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Ruiz Rebecca Ana · Nationalrat · 2018-11-26

Ruiz Rebecca Ana · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-11-26

Wortprotokoll

Dans sa mansuétude, la majorité de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique de notre conseil a offert aux jeunes de 18 ans une exception au principe inique sur lequel cette révision de la[NB]LAMal est fondée. En effet, ces jeunes doivent pouvoir décider de changer de modèle d'assurance ou de franchise lorsqu'ils atteignent leur 18e anniversaire. Ainsi, la majorité de la commission reconnaît que le principe d'un blocage des assurés durant trois ans dans une même franchise ou un même modèle est défaillant, et colmate une brèche.

La proposition de la minorité la rejoint sur ce constat. Il existe de nombreuses situations où un tel blocage est inadapté, notamment pour les jeunes adultes. Toutefois, il est essentiel, dès le moment où l'on s'apprête à ériger l'injustice en règle, de veiller à ce que les plus choquantes de ces injustices soient réparées. C'est l'objectif de cette proposition de minorité.

La minorité vous enjoint d'exempter aussi les assurés à qui une maladie grave ou chronique pouvant vraisemblablement entraîner des coûts supérieurs à la franchise serait diagnostiquée. La minorité estime que la maladie ne doit pas devenir une cause d'endettement dans notre pays, car, dès le moment où le fait d'être malade devient une cause d'endettement, vous mettez fin aux règles de solidarité qui sous-tendent notre système d'assurance-maladie.

Permettez-moi un petit rappel historique. Les premières caisses d'assurance-maladie qui apparurent dans notre pays étaient de petites mutuelles villageoises auxquelles les habitants d'une commune cotisaient pour aider une personne tombée malade qui n'arrivait plus à payer ses frais médicaux. Que diraient aujourd'hui les pionniers de ce système en entendant parler de ce projet de révision? La proposition de la minorité limite la casse pour les personnes que la[NB]LAMal est justement censée protéger. Comment expliquerez-vous sinon à nos concitoyennes et concitoyens à quoi servent leurs primes? Celles-ci sont devenues un fardeau insoutenable pour une part grandissante de la population. Il faut au moins qu'ils sachent qu'ils ne risqueront pas de s'endetter s'ils devaient tomber malades. En acceptant cette proposition, vous contribuez à préserver les fondements du système d'assurance-maladie de notre pays. Je vous remercie de la soutenir.