Fiala Doris · Nationalrat · 2018-12-06
Fiala Doris · Nationalrat · Zürich · FDP-Liberale Fraktion · 2018-12-06
Wortprotokoll
Parmi nos collègues de la Commission des institutions politiques et de la Commission de politique extérieure, les représentants du PLR ont jugé important de me laisser dire quelques mots sur le Pacte mondial pour les migrations de l'ONU. Par respect pour des collègues romands, on m'a demandé de bien vouloir le faire en français. De plus, Monsieur Fridez, notre collègue socialiste, est vice-président de la Commission des migrations, des réfugiés et de la démographie du Conseil de l'Europe, que je préside depuis le début de cette année.
L'administration professionnelle de la commission susmentionnée voulait me convaincre, au début de l'année déjà, de faire voter sur le pacte mondial précité et de le faire passer à Strasbourg. J'ai donc étudié en profondeur, déjà au début janvier 2018, le texte du brouillon, numéroté zéro, et j'ai effectivement été très alarmée par son contenu. Entendons-nous, je suis absolument sensible au fait que les grands risques qui pourraient menacer notre pays sont tous globaux. Il va de soi que nous avons besoin de trouver avec d'autres pays des parades à ces dangers. J'ai donc jugé, au début, l'idée d'un Pacte mondial pour les migrations intéressante et en principe intelligente. Hélas! tout ce qui est fait avec la meilleure intention ne produit pas toujours des résultats convaincants. Je me suis très vite rendu compte que le texte contenait des passages délicats et inquiétants et que cela aboutirait à des critiques des conservateurs nationalistes de Pologne, de Hongrie et de République tchèque qui eux, sont vraiment représentatifs de cette attitude.
Prendre position auprès du Conseil de l'Europe aurait donc constitué un précédent, et j'ai alors décidé de faire venir l'ex-ambassadeur Monsieur Eduard Gnesa pour présenter le Pacte pour les migrations de l'ONU et informer les 81 membres de 47 Etats membres. Je voulais les mettre au courant et leur donner la possibilité de transférer ces connaissances dans leur pays et de discuter chez eux politiquement, comme on le fait enfin aussi ici au Parlement aujourd'hui. Je ne vous cache pas que je suis un peu frustrée que l'administration suisse des affaires étrangères n'ait pas sensibilisé le Conseil fédéral beaucoup plus tôt. Il ne se peut pas que j'aie été au courant avant lui. Mais je n'avais aucune idée qu'il ne pouvait pas l'être lui aussi.
Selon moi, nous ne devons pas accepter des contenus difficiles sans avoir consulté les parlements des pays membres du Conseil de l'Europe. C'est pour cela que je juge important que nous menions cette discussion ensemble aujourd'hui, ce dont je vous remercie vivement.
La politique extérieure doit reposer sur la politique intérieure de notre pays. Je vous prie de le faire avec sagesse et ne jugerai pas ce pacte mondial sans danger pour notre pays, car il encourage justement, selon moi, des flux migratoires auxquels il est difficile de faire face. Même si le contenu n'est pas obligatoire, car il constitue de la prétendue "soft law", il aura un impact négatif sur notre pays comme sur d'autres pays d'Europe.