Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2018-12-06
Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-12-06
Wortprotokoll
Je n'irai pas par quatre chemins: l'approbation du Pacte mondial pour les migrations de l'ONU engage la crédibilité et la réputation de la Suisse. Notre pays est à l'origine de cette initiative pour régler de manière globale une question que tout le monde reconnaît comme étant globale: la migration. Mais une fois le texte prêt à être adopté, la Suisse tergiverse, rechigne. Nos hésitations sur ce pacte, fruit de nombreuses années de négociations, donnent une image désastreuse de notre pays à l'étranger. En nous invitant à refuser de le signer, l'UDC nous suggère de nous aligner sur les pires forces réactionnaires d'Europe.
Le Conseil fédéral le souligne: ce pacte est dans l'intérêt de la Suisse. Comme petit pays, la Suisse ne peut que miser sur une coopération internationale accrue sur les questions migratoires. Le pacte correspond parfaitement à cette politique menée jusqu'à présent. Il s'agit non seulement de protéger les droits humains et d'améliorer la situation très précaire des migrantes et des migrants, mais aussi d'accroître l'aide sur le terrain, de lutter contre les passeurs et la traite des êtres humains, de sécuriser les frontières, de favoriser les rapatriements et la réintégration. Ce pacte correspond ainsi aux garde-fous posés par la Suisse en matière de politique migratoire et soutenus jusqu'à présent par le Parlement. Il s'agit maintenant de les renforcer au niveau international.
Ce pacte, qui comporte 23 objectifs, appartient, faut-il encore le souligner, au droit souple et il est non contraignant. Pour chaque objectif, les Etats sont invités à choisir librement les instruments facultatifs de mise en oeuvre. Par ce pacte sur les migrations, 190 Etats membres de l'ONU reconnaissent pour la première fois ce qu'est réellement la migration, soit un phénomène mondial inéluctable, qui ne peut être cadré et régulé de manière optimale sans coopération et gouvernance transfrontalières. C'est aussi la première fois que figure dans un texte international l'obligation pour les Etats de reprendre leurs ressortissants lorsqu'ils sont déboutés du droit de séjour.
En effet, la Suisse a besoin de la coopération internationale. Ce pacte fournit à la Suisse un cadre de référence pour la négociation d'accords bilatéraux avec les pays d'origine et de transit afin d'améliorer la coopération en matière de réadmission, de retour volontaire et de réintégration.
Vous l'aurez compris, le groupe socialiste défend l'approbation de ce pacte sans hésitation. En conséquence, nous vous invitons à rejeter les motions qui nous sont soumises aujourd'hui.