Ruiz Rebecca Ana · Nationalrat · 2018-12-12
Ruiz Rebecca Ana · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2018-12-12
Wortprotokoll
Pour commencer, je déclare mes liens d'intérêts: je suis membre du comité d'Asloca-Lausanne.
En politique, nous devons être jugés sur des résultats. Or un des domaines où notre Parlement se montre incapable de proposer une solution aux habitantes et habitants de notre pays est celui du logement. Depuis des années, le taux de vacance est trop bas dans de nombreuses régions du pays. Malgré une légère hausse ces dernières années, le taux de logements vacants était l'été dernier inférieur à 1,5 pour cent dans pas moins de dix cantons. C'est trop peu pour que le marché puisse fonctionner.
Non seulement dans les grands centres urbains, mais aussi dans les régions qui connaissent un fort dynamisme économique, la situation est encore plus alarmante. Il en va donc de la responsabilité du politique d'agir. Contrairement à ce que la droite du Parlement semble penser, agir pour la construction d'habitations n'est pas une atteinte au fédéralisme. La Constitution prévoit déjà que la Confédération doit encourager la construction de logements. A la fin des années 1940, le pouvoir fédéral avait d'ailleurs décidé d'agir en lançant des mesures d'encouragement à la construction de logements. Moyennant une participation cantonale, la Confédération avait ainsi pu participer, via une aide à fonds perdu, à la construction de près de 87[NB]000 logements.
Au problème de la quantité s'ajoute celui de la qualité du logement. Les structures familiales changent, les habitudes aussi. C'est aujourd'hui une gageure, dans bon nombre de régions, de trouver un logement quand la famille s'agrandit et dont le loyer ne soit pas excessif. A ce propos, il est particulièrement choquant que la majorité de droite ne se saisisse pas de la question du lien entre pauvreté et habitat. Les études le prouvent: plus le salaire d'une famille est bas, plus le coût du logement représente une part importante de son budget. Quatre ménages pauvres sur cinq dépensent plus de 30 pour cent de leur revenu pour se loger, ce qui est excessif. Ici aussi, il y a une urgence à proposer des solutions à celles et ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois.
Ces faits prouvent que faire du logement uniquement une question privée qui ne regarde pas le politique est un non-sens. L'intérêt général doit l'emporter sur celui de quelques spéculateurs immobiliers. [PAGE 2132]
L'initiative "Davantage de logements abordables" permet d'agir concrètement sur une des problématiques qui touche chaque jour des milliers d'habitants de notre pays. Elle permettra une vraie amélioration du quotidien en agissant à la fois sur le nombre de logements construits et sur les prix.
Je vous demande donc de recommander l'acceptation de cette initiative populaire et d'entrer en matière sur le projet d'arrêté fédéral relatif à un crédit-cadre destiné à augmenter la dotation du fonds de roulement en faveur de la construction de logements d'utilité publique.