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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2018-12-13

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2018-12-13

Wortprotokoll

La divergence restante met en évidence deux raisonnements totalement différents. Le Conseil des Etats, unanime, y compris tous les représentants des partis UDC, PLR et PDC, fait le raisonnement du cerveau: il regarde les faits, sur lesquels je vais revenir dans quelques instants et, compte tenu des faits, il soutient l'octroi des postes nécessaires. Le Conseil national, et une majorité de sa délégation à la Conférence de conciliation, veut tenir bon au sens d'un autre raisonnement: celui des tripes. Selon ce raisonnement, il faut absolument punir le directeur du Contrôle fédéral des finances pour ses divagations dans certains de ses propos; il ne faut pas que ce soit vraiment un organe indépendant et puis, c'est vrai, cet organe a bien assez d'argent et arrivera donc sûrement à survivre comme cela. Mais, si on analyse factuellement de quoi il est question, on n'arrive pas du tout aux mêmes conclusions. Ce n'est pas pour rien si, après trois séances, l'organe qui examine de plus près les choses pour les deux conseils, à savoir la Délégation des finances, a décidé d'octroyer les postes supplémentaires demandés.

J'en viens aux faits. Les faits sont têtus, quelles que soient les rognes. Et les faits sont les suivants: il est question de projets stratégiques qui ont été votés récemment par les deux conseils et qui sont mis en danger dans leur déroulement si les postes ne sont pas octroyés au Contrôle fédéral des finances. Ces postes visent essentiellement à pouvoir réaliser de meilleurs contrôles dans le domaine de l'informatique et, qui dit informatique dit bien sûr tous les grands projets de l'administration - certes, là, certains pourront dire que ce n'est pas très grave si les choses traînent un peu -, ainsi que quelques projets stratégiques dans le domaine de la défense. C'est un peu dommage, comme l'ont dit plusieurs fois Messieurs Grüter et Schwander, à juste titre, que l'on ne prenne pas toutes les précautions nécessaires pour éviter la prochaine catastrophe informatique, quasi programmée vu la complexité du sujet. Et, précisément, le Contrôle fédéral des finances cherche des spécialistes dans ce domaine pour être sûr que ces projets informatiques ne dérapent pas.

Puis il y a celui qui a le pompon, c'est Monsieur Bigler, à propos du projet Dazit. Ce projet pour les douanes a pris trois mois de retard suite à une décision de la Commission des finances, et cela a été un drame pour l'économie suisse. Celle-ci a considéré, parce qu'il y avait des centaines de millions de francs chaque année à gagner si le nouveau régime des douanes et sa nouvelle organisation étaient en place, que ce serait une catastrophe simplement si ce projet prenait le moindre retard. Dans les dix postes en jeu, il y a ceux qui permettraient de mettre en oeuvre le projet Dazit. Donc, Monsieur Bigler, directeur de l'Union suisse des arts et métiers, en faisant couper ces dix postes prend le risque - on ne sait jamais, ce n'est pas une certitude - tout simple suivant: s'il y a dérapage sur le plan de l'informatique et que le Contrôle fédéral des finances n'a pas les spécialistes qui permettent d'y remédier - ce n'est pas une certitude, mais c'est une possibilité - l'économie suisse, grâce à la proposition Bigler, perdra des centaines de millions de francs en économies par le fait que le dossier traîne. Cela, c'est le raisonnement des tripes.

Je vous recommande, au nom du groupe des Verts, de suivre le raisonnement du cerveau, qui est celui du Conseil des Etats unanime, tous élus des groupes libéral-radical, PDC et UDC confondus.

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