Marty Dick · Ständerat · 2002-06-19
Marty Dick · Ständerat · Tessin · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2002-06-19
Wortprotokoll
Je vous l'assure, c'est la dernière fois que j'interviens sur ce sujet, mais permettez-moi de commencer par me faire l'interprète - je le fais aussi au nom de M. Lombardi - de la satisfaction et aussi de la gratitude de la Suisse italienne. Nous savons apprécier le geste et la sensibilité qu'ont manifestés les deux Chambres avec une majorité extrêmement claire.
Nous savons apprécier d'autant plus le choix en faveur de Bellinzone que l'autre candidature, celle d'Aarau, était une candidature forte et valable, mais je ne crois pas que le Parlement ait choisi le Tessin contre l'Argovie. Je crois que le Parlement a choisi, pour la première fois, de reconnaître à la Suisse italienne, à la troisième Suisse, le droit à accueillir une institution fédérale, et je le redis: pour la première fois. Cela est très important pour la Suisse italienne, mais aussi pour la Suisse, afin que les différentes parties culturelles de ce pays se sentent unies dans le même projet et se sentent unies dans le travail pour le même avenir.
Cela dit, les arguments en faveur de Bellinzone sont sensiblement les mêmes que ceux en faveur de Saint-Gall. Il est incontestable que la Suisse orientale est une région de la Suisse qui souffre, elle aussi, d'un certain oubli. Ce n'est pas une minorité linguistique, mais c'est aussi, au sein de la Suisse allemande, une sorte de minorité, loin de la Berne fédérale et un peu oubliée, aussi, par la Berne fédérale.
Le Parlement a aussi démontré qu'il veut une véritable décentralisation, ce que le Conseil fédéral jusqu'à présent n'a jamais fait. On parle depuis des décennies de décentralisation et, Monsieur Studer, vous venez de nous donner la démonstration qu'il est alors inutile de décentraliser à Neuchâtel si tout le monde reste à Berne: ce n'est pas une décentralisation, ça produit seulement du trafic supplémentaire, si j'en reste à vos considérations! Mais, comme je suis aussi un peu Neuchâtelois, je suis tout à fait heureux que l'Office fédéral de la statistique - et la décision a été prise alors qu'un Tessinois était à la tête dudit office - se trouve à Neuchâtel.
Donc, je plaide pour Saint-Gall, pour un acte de cohérence. Ce n'est pas un choix contre Fribourg, parce que Fribourg, je le reconnais, a d'importants atouts à faire valoir, mais la Suisse orientale, comme région, a aujourd'hui le droit, le juste droit d'être choisie.
Quant aux problèmes des membres actuels des commissions fédérales de recours, sans vouloir les minimiser ou les mépriser, je crois que le Parlement ne peut quand même pas choisir en fonction de tels critères. On prêche la flexibilité, la mobilité aux jeunes générations! Ce n'est absolument pas un drame national d'aller vivre en Suisse orientale, bien au contraire.
Je vous invite donc, par cohérence, à choisir Saint-Gall.