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Couchepin Pascal · Bundesrat · 2002-06-19

Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2002-06-19

Wortprotokoll

Nous soutenons naturellement le projet du Conseil fédéral. Je crois que cette revendication part d'un bon sentiment. Tout le monde est d'accord pour dire que si chacun en Suisse était capable de parler une seconde langue, ce serait mieux, mais ça, c'est un monde idéal. Dans la réalité, on voit que c'est indispensable pour certaines professions - pour ces professions, ça fait partie du cursus normal que les apprentis apprennent une deuxième langue -, pour d'autres, c'est souhaitable; mais est-ce que c'est possible, est-ce que c'est praticable?

On a aujourd'hui trois heures de culture générale par semaine pour les apprentis. Or, si vous imposez l'enseignement d'une deuxième langue, une heure par semaine pour apprendre une deuxième langue ne suffit pas, c'est inutile. Il faudrait donc prévoir au moins une deuxième heure. Alors, est-ce que vous réduisez les cours de culture générale, plus facilement accessibles et plus utiles dans la vie pratique, pour donner cette deuxième heure, ou bien est-ce que vous augmentez le nombre des heures dites de culture générale aux dépens d'autres branches? A force de vouloir combler des désirs, des désirs honorables, on aboutit finalement à négliger le noyau dur de la formation professionnelle, et la culture générale est liée à la formation professionnelle.

Monsieur Lombardi, je vous ai écouté parce que vous interprétez la chose d'une manière différente. Par ce que vous disiez, vous aviez l'air de dire que si quelqu'un qui parle serbo-croate apprend l'allemand, il satisfait à l'exigence de l'apprentissage de la deuxième langue. Cela signifie que vous devriez introduire, si on va dans ce sens-là, des cours à option afin d'être sûr que chacun continue à apprendre le serbo-croate, le portugais, l'arabe - et puis l'allemand, qui serait enseigné à tous dans les écoles. Vous répondriez ainsi aux exigences de l'article 12, tel qu'il est voulu par le Conseil national, mais c'est probablement une opération encore plus coûteuse que celle évoquée par Mme Langenberger quand elle parle de 30 à 40 millions de francs. Si vous avez des cours à option et si vous admettez que la langue maternelle des jeunes étrangers est une langue qui doit être entretenue, ce qui serait souhaitable, vous envisagez une opération extrêmement coûteuse.

Quand j'étais président de commune, on avait introduit pour les jeunes à l'école primaire des cours systématiques dans les langues d'origine des enfants, parce qu'on savait que c'était une richesse. Mais on le faisait pour l'ensemble des enfants: il y avait des classes spéciales pour les Portugais, les Serbo-croates, les Arabes, etc., de telle sorte que, eux, qui ont tant de difficulté à s'intégrer, avaient un petit avantage supplémentaire en ce sens qu'ils maîtrisaient leur langue d'origine plus la langue commune, qui était dans cette région le français. Au niveau de l'apprentissage, refaire le même exercice, je crois que c'est impraticable.

La seule explication possible, si on veut adopter le système du Conseil national, c'est dire qu'il faut apprendre une seconde langue nationale. Mais, là, on tombe dans le problème du temps disponible et des besoins. Or, qui dit besoins dit aussi engagement et motivation des jeunes, qui seront faibles s'ils sentent que c'est quelque chose de difficile, qui dépasse les besoins de leur profession.

Nous vous demandons de soutenir la proposition de la majorité.

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