preparatory:AB 243983
Sommaruga Carlo · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-03-21
Wortprotokoll
"Selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement, la plantation de palmiers à huile est la principale cause de déforestation en Malaisie. Les violations des droits humains dont est victime la population locale, chassée de ses terres par les entreprises d'huile de palme, complètent ce triste tableau. Actuellement, plus de la moitié des importations d'huile de palme vers la Suisse provient de Malaisie; ces cinq dernières années, elles ont quadruplé ... De plus, l'huile de palme a une forte teneur en acide gras saturés, ce qui peut mettre en danger la santé des consommateurs en augmentant les risques de maladies cardiovasculaires."
Ce n'est pas moi qui ai écrit ce texte. Ce texte, c'est Monsieur Jean-Pierre Grin qui l'a écrit dans sa motion 16.3332, "Négociations avec la Malaisie, sans l'huile de palme!", déposée le 27 avril 2016. Cette motion, écrite par Monsieur Parmelin, (Hilarité) pardon, par Monsieur Grin, a été approuvée par notre chambre par 140 voix contre 35 et 10 abstentions.
Je rappelle que ceux qui ont voté en faveur de la motion sont non seulement les Verts et les socialistes, mais également 58 membres du groupe UDC, des représentants des Vert'libéraux, du PDC, un membre du groupe libéral-radical et le groupe PBD. Cette motion a également été soumise au Conseil des Etats qui l'a rejetée à une voix près, comme cela vous a été dit tout à l'heure.
L'initiative du canton de Genève 18.303, "Exclusion de l'huile de palme et de ses dérivés des discussions de libre-échange entre la Suisse et la Malaisie et l'Indonésie", a été approuvée par le Grand Conseil genevois, majoritairement bourgeois - je le rappelle -, par 85 voix sur 100. Elle reprend pratiquement les mêmes arguments que l'initiative du canton de Thurgovie 17.317, "Exclure l'huile de palme de l'accord de libre-échange avec la Malaisie", qui est aussi débattue aujourd'hui. En d'autres termes, deux cantons très différents - l'un urbain, l'autre agricole - font valoir les mêmes arguments.
Et que met en lumière l'initiative du canton de Genève? Le fait qu'il y a un problème sanitaire lié aux acides gras saturés qui sont dans l'huile palme, que les plantations de palmiers à huile nécessitent le défrichement massif de forêt tropicale et que faciliter l'accès de l'huile de palme au marché suisse constituera une entrave à la production indigène d'huiles de colza et de tournesol, laquelle bénéficie à nos agriculteurs. En d'autres termes, ce que vous propose aujourd'hui le canton de Genève avec son initiative ressemble à la proposition qui avait été faite en son temps par notre collègue Jean-Pierre Grin et qui avait été acceptée.
Il est d'ailleurs intéressant de relire l'argumentation développée par le Grand Conseil genevois, qui cite le rapport du 3 novembre 2016 de la Commission de l'économie et des redevances du Conseil des Etats relatif au contre-projet à l'initiative populaire "pour la sécurité alimentaire", promue par l'Union suisse des paysans. Dans ce rapport, on pouvait lire qu'il est attendu "du commerce transfrontalier qu'il contribue au développement durable de l'agriculture et du secteur agroalimentaire en Suisse et à l'étranger. Cela signifie, s'agissant de la Suisse, que les importations et les exportations de denrées alimentaires et de moyens de production doivent renforcer le développement durable des secteurs précités dans notre pays ... Les importations de denrées alimentaires et de moyens de production ne doivent toutefois pas porter trop gravement atteinte à l'environnement, ni nuire aux bases de production ou se faire au détriment des populations plus pauvres à l'étranger."
Autrement dit, le Grand Conseil genevois a des préoccupations comparables à celles qui avaient été exprimées par la CER du Conseil des Etats en 2016 et dans la motion Grin, acceptée par notre conseil à une large majorité.
Je vous invite donc à soutenir ma proposition de minorité, qui est la traduction de votre cohérence et de la cohérence sur le plan politique au sujet du dossier de l'huile de palme.