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AB 249431

Fournier Jean-René · Ständerat · Wallis · CVP-Fraktion · 2019-09-09

Wortprotokoll

Permettez-moi maintenant, chères et chers collègues, de revenir sur d'autres événements, plus heureux.

Tout d'abord, j'aimerais féliciter nos collègues Hans Wicki et Erich Ettlin, qui ont d'ores et déjà été reconduits dans leur mandat de conseiller aux Etats. (Applaudissements)

Ensuite, j'ai l'honneur d'ouvrir cette dernière session de la 50e législature en inaugurant un élément qui manquait au récit de l'épopée de notre démocratie directe. Permettez-moi de suivre avec vous le parcours donné par la frise et de vous servir de guide.

A ma gauche: 1291, sans aucun doute la date la plus connue. Cette année-là a été signé ce qu'on a défini comme le pacte fondateur de notre pays. Il s'agit du renouvellement d'une alliance entre les trois cantons primitifs d'Uri, de Schwytz et de Nidwald. Ces trois cantons, considérant la malice des temps et pour être mieux à même de défendre leur vie et leurs biens, se sont engagés à se prêter les uns aux autres secours et assistance.

Puis vient la date de 1370, année de la Charte des prêtres, en passant par 1393, où fut signé le Convenant de Sempach, et 1481, année du Convenant de Stans. Ici, au fur et à mesure du déroulement de ces dates, le nombre de conjurés ne cesse de s'étendre et leurs liens juridiques et défensifs se consolident un peu plus à chaque étape. [PAGE 595]

En 1803, Napoléon Bonaparte abolit la République helvétique, imposée quatre ans plus tôt, pour établir la Confédération. Celle-ci gagne six cantons puisque l'Acte de médiation supprime les notions de pays sujets ou alliés. Après la chute de l'empereur, il faut rétablir une nouvelle Constitution. Ce sera chose faite en 1815 avec ce que l'on appelle le Pacte fédéral de la Restauration.

Enfin vient 1848, année de la première Constitution fédérale et des débuts de la Suisse moderne. La Confédération se donne un gouvernement centralisé auquel sont dévolues certaines responsabilités qui étaient auparavant du domaine des cantons. L'événement marque également la naissance de notre Parlement bicaméral et la décision de faire de Berne la Ville fédérale.

Avec la première modification de la Constitution de 1874, de nouvelles tâches sont centralisées au niveau fédéral et le référendum facultatif est ajouté à la Constitution. Cela représente un premier pas vers la démocratie telle que nous la connaissons aujourd'hui.

Tous ces événements et les récits qui les accompagnent ont fait notre pays. Ils sont notre histoire. Mais ils ont autre chose en commun. Cette chose, c'est l'absence des femmes. Jusque tard dans le XXe siècle, seuls les hommes prenaient des décisions qui concernaient chacun. Ainsi, environ une moitié de la population adulte décidait pour l'ensemble. Cette situation héritée de l'histoire et qui nous paraît si injuste aujourd'hui prit fin en 1971, année où pour la première fois en Suisse, 53 ans après l'Allemagne, 27 ans après la France et 26 ans après l'Italie, les Suissesses accèdent au droit de vote et entrent au Palais du Parlement.

Mesdames et Messieurs, on met parfois du temps à donner leur juste place aux événements historiques. Il a fallu attendre 2019 pour penser à graver l'année 1971 sur la frise et l'ordonner comme il se doit parmi les jalons de notre démocratie. Avec la date de 1999 sur ma gauche, année de la dernière modification de la Constitution, voici désormais le récit complet de notre démocratie. Je suis très heureux d'être le premier à pouvoir le raconter dans son intégralité, avec toutes les étapes phares qui ont modelé notre système politique, un système à nul autre pareil. La démocratie directe et le bicaméralisme parfait nous remplissent de fierté, mais nous ne vivrions pas en démocratie sans la participation de toutes les citoyennes et de tous les citoyens. Vous pouvez constater que la date de 1971 est installée à la place qu'elle méritait d'occuper d'ailleurs depuis de nombreuses années.

Chères et chers collègues, comme vous l'avez certainement constaté, nous avons une session plutôt chargée. J'attire votre attention notamment sur le fait que le lundi de la troisième semaine nous siégerons certainement au-delà de 20 heures, si cela est nécessaire, pour terminer le débat d'entrée en matière sur la loi sur le CO2, et que nous poursuivrons la discussion sur cet objet le mercredi 25 septembre. Cela nécessitera de siéger aussi l'après-midi ce mercredi-là. De même, le jeudi 26 septembre, nous aurons également besoin d'au moins une partie de l'après-midi pour traiter les objets inscrits à l'ordre du jour de notre conseil. En préparant cette session, j'avais l'impression que c'était la dernière session de notre histoire, tant la matière était dense. Par rapport aux dernières sessions, nous voyons que la législature se termine et que les élections approchent également.