Français Olivier · Ständerat · 2019-09-09
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2019-09-09
Wortprotokoll
Ce n'est pas la première fois que j'interviens sur ce sujet. Il y a près de douze ans, je suis déjà intervenu lors d'une révision partielle de la loi. J'avais déposé l'initiative parlementaire 10.436, "Pour une protection civile sans frontière". Je reviens à la charge parce qu'il s'est passé depuis lors de nombreux événements tragiques dans le monde. Ma référence en 2010 était ce qui s'était passé en Amérique centrale, où l'ouragan Mitch avait causé la mort de plus de 20[NB]000 personnes. Cela mit en difficulté plusieurs pays, non sur le plan de l'aide immédiate, mais pour ce qui concernait la reconstruction. Sur la base d'une initiative cantonale vaudoise, des volontaires s'étaient déclarés prêts à aller au Nicaragua pour fournir une aide dans le cadre de la reconstruction d'infrastructures indispensables dans une société. Je pense là à la voirie, aux hôpitaux et aux écoles. Dans cette mobilisation partielle, 30 volontaires étaient prêts à partir durant un certain temps. Quand je dis un certain temps, ce n'était pas uniquement pour faire un aller et retour entre la Suisse et ce pays dévasté, mais bien pour participer à un projet. On sait que, dans nos structures suisses, il y a des groupes d'intervention rapide en cas de séisme ou d'événement de ce type pour aller donner un coup de main. Par contre, sur le long terme, il est plus difficile de réunir des forces de travail.
Depuis 1998, de nouveaux événements tragiques se sont produits dans le monde. Je pense au tsunami du 26 décembre 2004 dans l'océan Indien, qui a causé la mort de plus de 250[NB]000 personnes; je pense au Japon et à Fukushima; je pense à de nombreux autres événements tragiques à travers le monde.
Ma proposition de minorité a pour but de donner la possibilité au Conseil fédéral de demander aux cantons, au cas où des personnes se déclareraient prêtes à s'engager durant un temps certain pour participer aux travaux de reconstruction - j'insiste sur le fait qu'il s'agirait bien de cette période -, d'offrir de l'aide à ces pays lorsqu'ils en feraient la demande. Tout cela se ferait, bien entendu, sur la base du volontariat. Je pense à 30 à 40 personnes, de notre pays, qui seraient prêtes à s'engager, non pour de l'argent, mais pour faire quelque chose de concret dans un pays en grande difficulté. On sait que certains Etats font des promesses, font miroiter des dons de dizaines de millions de francs pour aider à la reconstruction. Mais quand il faut passer à l'acte, ils sont aux abonnés absents. La Suisse, compte tenu de toutes ses actions à travers le monde, pourrait elle faire un acte très concret. Ce n'est pas d'argent qu'il s'agit, mais du fait d'appuyer les forces structurées qu'on a au sein de notre pays, et cela non pour intervenir seulement dans l'urgence, mais plus particulièrement dans la phase de reconstruction dans des pays aux prises avec de très grandes difficultés.
D'ailleurs, vous constaterez sur la carte de notre planète que les pays qui sont durement frappés par ces événements d'ampleur exceptionnelle - j'insiste bien sur "ampleur exceptionnelle" - sont souvent des pays pauvres en ressources. Preuve en est ce qui s'est passé la semaine dernière encore dans un pays qui a complètement été dévasté.
Il ne s'agirait pas de mettre en place une chose considérable. Bien au contraire, ce serait quelque chose de relativement simple: favoriser les volontaires - et j'insiste bien sur "volontaires" - qui sont prêts à intervenir, pour la période dite de reconstruction, de manière bien sûr coordonnée avec les structures de notre pays. Aujourd'hui, les engagements sur place portent sur une période très courte. Des personnes sont toujours disponibles, mais il y aurait des citoyennes et des citoyens prêts à s'engager quatre semaines, peut-être six, pour reconstruire une route, pour donner un coup de main, afin de remettre en état une voirie ou une station d'épuration, voire pour reconstruire un équipement sanitaire ou une école.
Cette modification de loi contribuerait beaucoup à maintenir une bonne image de la Suisse sur le plan international. Je ne peux que vous recommander de donner les moyens aux [PAGE 608] structures de la protection civile de notre pays, dans lequel on sait qu'il y a des volontaires. En effet, ce genre d'engagement ne relève pas toujours d'une obligation à accomplir, comme certains peuvent le penser. Des volontaires sont prêts à s'engager - pas seulement dans notre pays ou juste à la frontière, mais aussi plus loin -, tout simplement pour donner un coup de pouce aux pays qui en ont besoin. Arrêtons de nous engager uniquement en donnant de l'argent, mais faisons-le aussi par des faits et des actes!
Je ne peux donc que recommander au Conseil fédéral d'approuver la position que j'ai exprimée en commission et de vous inviter à donner cette impulsion forte pour que la Suisse active sur le plan de l'aide sanitaire, la Suisse qui veut donner un coup de main, ne le fasse pas que par des moyens financiers, mais aussi par les actes de ses citoyennes et de ses citoyens qui sont prêts à s'engager, je le répète, sur une base volontaire.
Je vous remercie de soutenir ma proposition de minorité.