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Marra Ada · Nationalrat · 2019-09-11

Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-11

Wortprotokoll

Beaucoup de monde s'est exprimé à cette tribune aujourd'hui. Et nous nous répétons, c'est vrai. Mais c'est parce que chacune et chacun d'entre nous a envie de faire partie de celles et ceux qui veulent enfin réduire le décalage entre le Parlement et la société. 500[NB]000, c'est le nombre de personnes qui sont descendues dans la rue le 14 juin dernier pour manifester en faveur de l'égalité, d'une autre société, plus moderne.

Le congé-paternité fait partie de cet arsenal juridique qui change la vie des gens, comme une évidence. Les pères veulent aussi s'engager dans ce moment particulier qu'est la naissance d'un enfant. Pour la plupart des gens de notre pays, il est loin le temps où l'homme allait travailler, grisé de sa propre autosatisfaction, grisé par l'idée qu'il subvenait aux besoins de sa famille, et où la femme restait à la maison, heureuse de préparer un nid douillet pour sa famille. Tout cela n'existe plus. Aujourd'hui, les hommes et les femmes veulent tout, et ils ont raison: du travail, une famille. Ils veulent des petits bonheurs quand c'est possible. Etre présent au moment de la naissance d'un enfant en fait partie. Au-delà du sentiment, c'est surtout un soutien indispensable pour la mère qui ne peut pas tout gérer.

Il faut contextualiser le vote d'aujourd'hui dans un temps plus long. Cela nous permettra d'ouvrir les yeux sur qui nous sommes. En comparaison internationale, la Suisse a introduit dans les derniers le droit de vote des femmes, en 1971. La Suisse a introduit très tardivement la réalité du congé maternité, en 2005. La Suisse n'a pas de véritable loi sur l'égalité salariale et ne combat pas les inégalités de genre en la matière. La Suisse n'a pas de mariage pour toutes et tous. La liste est longue.

Alors, aujourd'hui, c'est d'un balbutiement qu'il s'agit: un congé-paternité de 4 semaines, comme le propose l'initiative populaire, ou de 2 semaines, comme le proposent deux commissions. Mais ce dont nous avons vraiment besoin, c'est d'un congé parental digne de ce nom. Diverses propositions sont présentées. Le groupe socialiste préconise 14 semaines pour la mère, 14 semaines pour le père, et 10 semaines supplémentaires à se répartir par la suite.

Alors oui, ce que nous vivons aujourd'hui est historique, car ce n'est que le début d'un réel processus vers un congé parental, mais c'est aussi dramatique, car ce qui est proposé est de toute façon insatisfaisant et montre l'immense décalage entre nous et la société. Quand abandonnerons-nous cette mentalité patriarcale et machiste? Les familles suisses sont prêtes, est-ce que nous nous le sommes?

En tout cas, le groupe socialiste recommandera d'accepter l'initiative populaire, qui propose un congé-paternité de 4 semaines, ce qui est un minimum.