Parmelin Guy · Bundesrat · 2019-09-18
Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2019-09-18
Wortprotokoll
Avant de traiter les deux arrêtés fédéraux encore en discussion, j'aimerais dire quand même deux mots sur la situation économique et, surtout, sur la meilleure façon d'appréhender la situation.
Oui, c'est vrai, notre économie, nos entreprises sont confrontées à de très nombreux défis. Comme dernièrement les perspectives se sont encore assombries avec l'accroissement des tensions autour du commerce international, le renchérissement du franc suisse, le ralentissement économique de certains grands marchés, les incertitudes politiques, il est effectivement judicieux de s'en préoccuper.
Je rappelle que sur l'ensemble des projets relatifs à la promotion économique pour les années 2020-2023, le Conseil fédéral propose 373,1 millions de francs pour préserver et/ou accroître l'attrait et la compétitivité de notre économie. Cela correspond à une croissance annuelle de 1,4 pour cent par rapport aux dépenses effectives prévues pour la période précédente, programme d'impulsion compris. Ce n'est pas rien. Alors, la question est la suivante: est-ce suffisant? Faut-il plus d'argent pour le tourisme et le soutien aux exportations? Pourquoi soutenir ces secteurs de l'économie plutôt que d'autres? Je peux comprendre qu'en cette période nous soyons tentés de promettre plus de moyens, mais il faut savoir raison garder. Les événements passés nous montrent que faire des promesses au moment de discuter de ce projet de crédit-cadre et de se raviser ensuite lors de la discussion sur le budget, cela ne contribue pas à une saine planification.
Il y a d'autres moyens d'action que la simple augmentation mécanique des soutiens financiers, d'autres moyens qui sont plus efficaces pour nos entreprises et nos emplois. J'en cite quelques-uns: il s'agit de créer des conditions-cadres optimales pour ces entreprises, de préserver notre marché du travail libéral combiné à un partenariat social fort, d'améliorer l'accès aux marchés existants et d'en ouvrir de nouveaux. C'est ainsi, et ainsi seulement, que notre économie est encore aujourd'hui l'une des plus compétitives et prospères et c'est aussi ainsi que nous avons pu faire face à des périodes de ralentissement ou même de crise. Il est utile de le rappeler.
Ceci dit, j'en viens maintenant aux arrêtés en discussion. S'agissant de l'arrêté 3 concernant l'aide financière accordée à Suisse Tourisme pour les années 2020-2023, il est vrai que le secteur connaît de profonds changements structurels. Le tourisme suisse a connu une longue période marquée par une baisse de la demande entre 2008 et 2016. C'est pourquoi la Confédération a déjà mis en place différentes mesures pour aider et soutenir le secteur et lui permettre de surmonter cette période difficile.
Je me permets de rappeler que, depuis 2009, plusieurs programmes d'impulsion ont été mis en oeuvre: le programme d'impulsion basé sur le marketing touristique, entre 2009 et 2013, la révision des dispositions de la Société suisse de crédit hôtelier, en 2015, et le programme d'impulsion 2016-2019, déjà axé sur l'offre. Il convient également de se souvenir que le tourisme, en Suisse, bénéficie du soutien d'autres instruments comme la Nouvelle politique régionale, dont l'une des priorités est précisément le tourisme, ou encore un taux de TVA réduit. En outre, depuis 2017 le tourisme dispose d'une nouvelle stratégie touristique largement soutenue.
Dans ce contexte, grâce à une situation économique favorable, le secteur touristique a connu une reprise depuis 2016/17. Après des années très difficiles, on constate que le nombre de nuitées hôtelières a progressé et la tendance s'est confirmée en 2018, avec 3,8 pour cent de nuitées en plus par rapport à 2017. Ces chiffres progressent encore au premier semestre 2019. Certes, les nuitées de la clientèle européenne ne sont pas encore revenues au niveau de 2012, mais la clientèle suisse et celle du reste du monde ont largement compensé, voire surcompensé la perte de clients européens. Ce n'est bien sûr qu'un début et les efforts doivent être poursuivis, mais la compétitivité du secteur touristique s'est [PAGE 1632] améliorée ces dernières années. En 2021, nous aurons un compte rendu détaillé de la stratégie touristique et cela permettra de procéder à une évaluation complète et à d'éventuelles adaptations de cette stratégie.
Compte tenu de tous les éléments que je viens d'évoquer, le Conseil fédéral vous propose une légère augmentation réelle des moyens pour la promotion dans le secteur touristique, soit un montant total de 220,5 millions de francs. Si vous comparez ces 220,5 millions avec le montant pour la période 2004-2007, soit 178 millions de francs, vous constaterez une augmentation assez impressionnante. Et pour rappel encore, le budget voté par le Parlement pour la période 2016-2019 était de 230 millions de francs, mais au moment des comptes, vous avez réduit les moyens à 210,7 millions. Donc, avec ces 220,5 millions, nous faisons déjà un effort.
Je vous prie donc de confirmer votre vote du mois de juin dernier, qui était extrêmement clair et en faveur du projet du Conseil fédéral, d'en rester à ces 220,5 millions de francs et de ne pas suivre le Conseil des Etats ni votre commission sur ce dossier.[GZ]
[VS][GZ]
Angenommen - Adopté