Lexipedia

de Buman Dominique · Nationalrat · 2019-09-18

de Buman Dominique · Nationalrat · Freiburg · CVP-Fraktion · 2019-09-18

Wortprotokoll

Dans l'arrêté fédéral 4, il est question du financement de la promotion des exportations. La minorité propose d'accorder un plafond de dépenses de 94 millions de francs pour l'ensemble de la période, c'est-à-dire pour quatre ans. La majorité souscrit au projet du Conseil fédéral, à savoir à un plafond de dépenses de 90,5 millions de francs, conformément à ce que l'exécutif expose dans son message. La minorité, quant à elle - et il y a une analogie par[NB]rapport au raisonnement tenu à propos de Suisse Tourisme -, aimerait que l'on en reste à la somme allouée par le Parlement il y a quatre ans et non pas aux moyens financiers effectivement dégagés par le gouvernement au fur et à mesure des crédits inscrits dans les budgets annuels.

Vouloir maintenir les 94 millions de francs approuvés il y a quatre ans, ce n'est pas vouloir faire adopter un montant excessif. En effet, par rapport au moment où le message a été rédigé - il y a quelques mois -, la situation économique est devenue plus tendue au niveau mondial. Je n'ai pas besoin de vous dire que le protectionnisme progresse de façon galopante entre certaines grandes puissances; je n'ai pas besoin de vous dire qu'il y a une guerre économique entre la Chine et les Etats-Unis. Mais tout cela a comme conséquence que notre économie et nos entreprises exportatrices doivent toujours plus souvent se battre contre la concurrence dans un climat instable.

A cela s'ajoute - et ce n'était pas non plus le cas lorsque le message du Conseil fédéral a été rédigé - le franc qui, lui aussi, est plus fort par rapport à une période où 1 euro s'échangeait contre environ 1,10 ou 1,13 franc. Aujourd'hui, 1 euro vaut moins de 1,10 franc; on est très proche de la parité entre les deux monnaies.

A cela s'ajoute encore qu'il y a des indices de récession qui ne sont pas avancés seulement par la minorité de la commission, mais aussi par les instituts économiques. Qu'il s'agisse du KOF, du BAK, voire même du SECO, tout le monde admet qu'il y a un certain ralentissement économique, un tassement du volume des commandes. Or, dès le moment où il faut soutenir les exportations, il vaut mieux, pour quatre ans, anticiper la situation plutôt que, tout à coup, devoir constater qu'il n'y a pas les montants suffisants à disposition.

J'aimerais vous donner un chiffre qui ne figure pas dans le message et qui n'est pas non plus évoqué dans le raisonnement appliqué à Suisse Tourisme. Depuis 2017 - ce n'est pas vieux -, il y a 20 pour cent de PME en plus qui viennent solliciter les services de Switzerland Global Enterprise. 20 pour cent de plus en deux ans! Pourquoi? Parce que, précisément, tous les marchés deviennent de plus en plus difficiles.

C'est donc pour cette raison que la minorité que je représente et qui est composée de membres de différents groupes politiques demande tout simplement que nous nous en tenions aux montants qui avaient été octroyés en 2015.