Tornare Manuel · Nationalrat · 2019-09-18
Tornare Manuel · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-18
Wortprotokoll
La guerre civile épouvantable, effroyable qui se déroule au Yémen pourrait malheureusement, et bien que nous ne le souhaitions pas, être précurseure - on le voit avec ce qui s'est passé ces derniers jours en Arabie saoudite - de déflagrations mondiales, comme l'avait été la guerre d'Espagne en 1936-1939.
Par mon postulat, je demande au Conseil fédéral, à la Suisse, qui a agi comme médiatrice dans de nombreux conflits, de jouer son rôle. Pourquoi doit-elle jouer son rôle? Parce que toutes les médiations entreprises jusqu'à présent, que ce soit par l'ONU, des ONG ou d'autres organismes paraonusiens ont pour l'instant échoué.
Je rappelle que cette guerre civile a commencé en 2014, dans un pays à structure sociale très clanique. Il s'agit de rebelles chiites Houthis et des forces fidèles à l'ancien président Saleh, qui s'opposent au gouvernement d'Hadi, élu en 2012 à la suite d'un coup d'Etat. Ce conflit pourrait se cantonner à une guerre civile, mais il s'est internationalisé avec des acteurs très puissants comme l'Arabie saoudite ou l'Iran, et cela pourrait - malheureusement - avoir des conséquences redoutables, même pour nous; on le voit maintenant avec l'augmentation du prix du pétrole - certains s'en réjouiront, d'autres pas - qui est une conséquence indirecte de ce qui se passe dans cette région du monde.
En plus, la crise humanitaire est épouvantable. Quelles sont ceux qui souffrent le plus, généralement, dans les conflits? Les femmes et, surtout, les enfants. De nombreux enfants, en ce moment, au Yémen, meurent de faim. Et je dirai que, malheureusement, tout le monde s'en fout! On voit peu de photos, il y a peu de reportages sur cette crise au Yémen mais, Mesdames et Messieurs, il y a 14 millions de personnes, au Yémen, qui souffrent de la faim! Nous, les Suisses, qui avons fondé le Comité international de la Croix-Rouge grâce à Henry Dunant; nous qui sommes dépositaires de nombreuses conventions humanitaires; nous qui avons été les précurseurs du droit humanitaire, pouvons-nous rester indifférents? L'excellente Madame Bachelet, devant le Conseil des droits de l'homme, à Genève, a dit dernièrement que c'était une des plus graves crises mondiales au niveau humanitaire.
Ce que je demande, Monsieur le conseiller fédéral, c'est un peu ce que vous me répondez dans votre réponse au nom du Conseil fédéral - et je ne vois pas pourquoi le Conseil fédéral s'y oppose. Notre pays a une tradition de médiation. Le conseiller fédéral - qui était de votre parti - qui, dans l'histoire de la Suisse, est le plus intervenu en tant que médiateur au nom de la Suisse fut Max Petitpierre. C'est lui qui fut à l'origine de la conférence sur l'Indochine organisée à Genève en 1954 et de celle sur le désarmement de 1955 qui s'est également tenue à Genève. Je souhaiterais, en tant que conseiller national, habitant une ville comme Genève, et en tant que Suisse et fier de l'être, que la Suisse fasse un peu comme certains pays scandinaves, à savoir qu'elle soit beaucoup plus souvent médiatrice lors de conflits internationaux.
Je le répète, Monsieur le conseiller fédéral, je pense qu'un vote positif du Parlement sur ce postulat donnerait plus de force à votre action, dont je reconnais la valeur. Vos déclarations d'avant-hier à Genève m'ont conforté dans l'impression positive que j'ai de certains aspects de votre politique. Mais je pense que ce postulat n'est pas en contradiction, contrairement à ce que vous dites dans votre avis au sujet de mon postulat, avec la position du Conseil fédéral.
Je vous remercie de soutenir ce postulat.