Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2019-09-18
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-09-18
Wortprotokoll
Par ce postulat, j'en appelle à une réflexion pour disposer d'un concept ambitieux pour la promotion de la paix par des moyens civils et militaires. Votre prédécesseur, Monsieur le conseiller fédéral Didier Burkhalter, était un homme très engagé dans la cause humanitaire et il avait l'habitude de dire que la sécurité de la Suisse ne commençait pas à ses frontières. Ce qui se passe dans le monde a obligatoirement des répercussions sur notre pays, que ce soit en termes de sécurité ou en termes de migration, par exemple.
A la fin des années 1940, dans les années qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale, au moment de la création de l'ONU, le monde comptait environ 70 Etats. Aujourd'hui, environ 200 Etats sont membres de l'ONU, et beaucoup de ces Etats sont fragiles, certains sont des Etats faillis. Il y a des dictatures, beaucoup de guerres, énormément de pauvreté. Tous ces Etats fragiles sont une source d'instabilité, de fragilité, on y retrouve de la pauvreté, des maladies, la faim, des conflits, des guerres hybrides, des problèmes de non-respect des droits de l'homme. Fatalement, les gens qui y vivent soit se révoltent, soit fuient, ce qui crée l'immigration, ce qui crée le terrorisme.
Un autre élément qui s'invite aussi dans ces réflexions concerne le climat et, dans beaucoup de pays, les conditions de vie deviendront très difficiles.
Pour se développer, assurer la sécurité et des conditions décentes de vie pour ses habitants, un Etat a besoin de stabilité; il a besoin d'un Etat de droit; il a besoin d'un soutien au développement - surtout dans les pays très pauvres. En fait, l'investissement international, l'investissement privé réclament de la stabilité. Un Etat a besoin de services de santé; il a besoin d'un système éducatif. Pour cela, il faut des moyens financiers absolument énormes, qui dépassent l'imagination.
Je suis membre de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Dans ce cadre, je me suis rendu l'année passée au Burkina Faso pour réaliser un rapport sur le thème "La coopération au développement: une réponse aux migrations". [PAGE 1679] Le Burkina Faso est un pays qui a une démographie galopante, c'est un pays pauvre. En fait, l'objet de la réflexion était une analyse de la situation dans l'Afrique tout entière, car ce continent compte actuellement un peu plus d'un milliard d'habitants et en 2050 il y en aura plus de 2 milliards. Comment faire pour permettre aux gens d'avoir un espoir sur place, de créer une famille, de travailler, de vivre dans leur pays plutôt que d'aller mourir en Méditerranée? C'est véritablement à travers un voyage et une réflexion de ce type qu'on se rend compte à quel point on a besoin de moyens.
Pour avoir des moyens d'action, il faut avoir des compétences, d'où l'idée de ce postulat. Il y a actuellement un centre de formation, à Stans, pour les troupes qui sont engagées à l'étranger, comme la Swisscoy. Mais les besoins sont à la fois militaires et civils. Il faut envoyer des troupes dans des cas comme le Kosovo. Et là j'en appelle à un engagement plus important de la part de notre pays. On n'en est actuellement qu'à la moitié de l'effort qui avait été annoncé à l'époque. Mais il faut aussi des moyens civils. Il faut des policiers, des gardes-frontière, des gens qui ont des compétences dans le domaine de la sécurité, de l'Etat de droit, pour former des collaborateurs sur place. Il faut de l'aide au développement, avec des gens de la DDC. Il faut des services de santé. Et pour aller dans certains pays, il faut d'autres compétences particulières. J'en appelle donc au développement d'un centre de compétence pour pouvoir disposer de personnes formées, prêtes à partir en mission. La finalité de ce centre serait de permettre de servir à l'étranger, avec des modules différents selon les besoins. Il faudrait essayer d'y faire du "sur-mesure".
Je demande donc un signe clair en faveur d'une politique étrangère dynamique, un engagement accru en faveur de la promotion de la paix et de plus d'aide au développement, pour véritablement remplir notre mission à l'égard du monde et aussi, accessoirement, pour disposer dans notre pays de plus de sécurité et avoir moins de risque de terrorisme, notamment. C'est, selon moi, une question prioritaire.