Béglé Claude · Nationalrat · 2019-09-19
Béglé Claude · Nationalrat · Waadt · CVP-Fraktion · 2019-09-19
Wortprotokoll
Par cette motion, je demande au Conseil fédéral de mettre en place les conditions-cadres nécessaires à la création d'un écosystème permettant la montée en puissance rapide d'un Internet des objets, qui fonctionne de façon efficace, en particulier d'un réseau de communication au niveau à la fois national et international. L'Internet des objets se développe à une vitesse effarante. On parle de 250 milliards d'euros de chiffre d'affaires, de 50 milliards d'objets connectés, selon le Boston Consulting Group. [PAGE 1708] Une étude de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich parle même de 150 milliards d'euros à l'horizon 2025.
Il peut s'agir d'allumer à distance un four à micro-ondes, d'assurer le suivi d'un camion réfrigéré avec contrôle de la température ou de surveiller à distance le bon fonctionnement d'une machine. Les applications sont quasiment infinies d'autant que, de la domotique au bon fonctionnement d'un hôpital en passant par l'e-Health, on débouche sur le "big data", ou les "mégadonnées" en français, d'où un accroissement absolument exponentiel du volume de données et la nécessité de les sécuriser. Or, pour que ces objets connectés entre eux puissent bien fonctionner, il faut qu'ils soient reliés à l'Internet par un réseau de communication performant, fiable, sécurisé et évidemment doté de capacités suffisantes.
Afin d'éviter des interférences et des erreurs, chaque objet doit avoir une adresse unique tant au plan national qu'au plan international. L'introduction de la norme IPv6 permet d'assurer des ressources d'adressage en suffisance. Avec un taux d'utilisateurs IPv6 de 30 pour cent, la Suisse se place pour l'instant au troisième rang mondial, ce qui est très bien. Cela étant, beaucoup de ces objets interconnectés sont par nature mobiles. Leur utilisation doit pouvoir se poursuivre en dehors des frontières de notre pays. Cela implique qu'ils doivent pouvoir se connecter sans difficulté à l'étranger, d'où la nécessité - et c'est cela l'élément central - d'une continuité, d'une homogénéité de l'ensemble des réseaux nationaux.
C'est pourquoi une transition réussie vers l'Internet des objets implique une bonne anticipation des besoins technologiques, une bonne coordination des différents acteurs au niveau national et un cadre réglementaire en phase avec l'étranger. Pour que les objets puissent communiquer entre eux, il faut des réseaux de communication.
Alors là, c'est un petit peu technique: il faudrait des communications économiques, à l'image des nouveaux réseaux de type "low power wide area network", qui fonctionnent avec des terminaux très peu chers et nécessitent peu d'énergie. Ils devraient être dotés d'une large couverture nationale nécessitant de mixer les technologies et de relancer certaines technologies existantes. Ils permettraient à l'objet de rester connecté au minimum dans toute l'Europe, avec un suivi international des marchandises, des voitures connectées. Ainsi, les fabricants d'objets connectés pourraient aussi vendre leurs produits à l'étranger et prévoir l'itinérance prolongée - que se passerait-il pour des objets qui resteraient plusieurs mois dans le réseau d'un opérateur étranger avec une bascule vers un autre réseau en période de pointe? Enfin, il faudrait évidemment offrir une sécurité en cas de coupure du réseau.
Il faudrait aussi gérer l'encombrement des fréquences dites libres - car gratuites -, surveiller la bonne utilisation des bandes, veiller à ce que les bandes libres ne soient pas perturbées par des brouillages, augmenter les capacités de certaines fréquences et participer à l'harmonisation des fréquences au niveau mondial. Il faudrait enfin anticiper, au niveau mondial, la gestion de ces fameuses adresses IP et autres systèmes d'adressage existants.
Comme l'indique le Conseil fédéral, la Suisse bénéficie d'une situation déjà exceptionnelle. Avec une desserte de la population en services de téléphonie mobile atteignant 99 pour cent et des infrastructures de réseau fixe performantes, les conditions d'une mise en oeuvre réussie des solutions propres à l'Internet des objets sont remplies.
Pour augmenter encore les capacités des réseaux mobiles, la Suisse vient d'introduire des systèmes de téléphonie mobile de cinquième génération, la 5G. Ce qui risque de manquer en revanche, c'est l'interconnexion et la compatibilité entre l'ensemble des réseaux internationaux. C'est pour cela que j'ai suggéré que soit réalisée une étude.