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Polla Barbara · Nationalrat · 2002-09-25

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2002-09-25

Wortprotokoll

La nécessité d'une prévention du tabagisme, en particulier pour les jeunes, est aussi imparable que la réalité des effets néfastes du tabagisme sur la santé. Mais si la nécessité de la prévention n'échappe à personne dans cet hémicycle, la manière de faire est par contre beaucoup plus problématique. Donc, comment faire? Premièrement, quel argent investir? Deuxièmement et surtout, quelle prévention proposer?

En ce qui concerne le premier point, le Conseil fédéral le dit dans son message et M. Villiger, président de la Confédération, l'a rappelé hier, l'article 112 alinéa 5 de la constitution dispose que les recettes provenant de l'impôt sur le tabac servent au financement de l'AVS, de l'AI et des prestations complémentaires, ainsi que pour une petite part au financement du tabac indigène. Mme Ménétrey-Savary disait tout à l'heure qu'on pouvait contrevenir à cette règle de façon légale. J'aimerais surtout insister sur le fait que cette situation explique notamment pourquoi le Conseil fédéral a décidé, le 5 juin 2001, d'augmenter le budget de la prévention du tabagisme à l'aide des ressources générales de la Confédération et de le porter ainsi à 10 millions de francs. Nous soutenons cette façon de procéder.

10 millions de francs, c'est bien, c'est probablement encore trop peu. Mais surtout, s'il est essentiel d'investir de l'argent dans la prévention, prévenir efficacement serait encore beaucoup mieux. Or, c'est là que le bât blesse. La question de savoir comment prévenir reste à l'heure actuelle complètement ouverte. Comme nous en avons débattu hier, le fait même d'augmenter le prix des cigarettes par l'intermédiaire de l'augmentation de l'impôt a un effet dissuasif certain, particulièrement chez les plus jeunes, mais cela ne suffit bien évidemment pas, d'autant plus que l'augmentation du nombre de fumeurs, quand on compare les années 1997/98 aux années 1992/93 par exemple, est due essentiellement aux jeunes.

Mais selon le Programme national 2001-2005 pour la prévention du tabagisme de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), les facteurs de risque associés à l'initiation au tabagisme sont les suivants: les parents et les amis qui fument, une faible estime de soi, des problèmes scolaires tels que comportement agressif et mauvais résultats, l'anxiété et la dépression et une attitude positive envers la fumée. En revanche, il n'y a pas d'association avec le sexe, pas d'association avec la difficulté à se procurer des cigarettes ni avec le milieu socioprofessionnel. Parmi les facteurs de protection, encore selon l'OFSP, on retrouve une bonne intégration dans le milieu scolaire, un climat général favorable dans la famille et à l'école et une bonne estime de soi. C'est donc logiquement sur ces éléments que se basent - ou en tout cas que devraient se baser - l'ensemble des programmes de promotion de la santé et de prévention du tabagisme, notamment en milieu scolaire. M. Favre, rapporteur et aussi médecin, a lui aussi bien insisté tout à l'heure sur le rôle fondamental des parents dans ce domaine.

Toujours selon l'OFSP, qui se fonde notamment sur les résultats publiés par Reid en 1995 dans la revue "Tobacco Control", les programmes basés uniquement sur la transmission d'informations n'ont pratiquement aucun impact sur la consommation. Alors, comment allons-nous mettre en place une prévention efficace - parce que nous ne voulons pas seulement une prévention, nous voulons une prévention efficace! - sur la base de ces données? Comment allons-nous faire pour que les jeunes aient une bonne estime d'eux-mêmes? Comment allons-nous faire pour créer dans la famille ce climat favorable qui semble protéger les jeunes contre le tabagisme? Est-ce là vraiment une compétence politique?

La réponse découle en fait d'elle-même des constatations faites par l'OFSP. La meilleure prévention se fait au sein de la famille, qui joue un rôle prépondérant dans l'estime de soi. D'autre part, puisque les parents qui fument sont un facteur de risque pour le tabagisme des enfants, il serait logique que la responsabilité de ne pas fumer, au minimum en présence des enfants, soit assumée par les parents. Et dans la mesure où l'anxiété et la dépression sont des facteurs de risque importants, essayons de comprendre comment prévenir cette anxiété et cette dépression. Ou alors, supprimons aux [PAGE 1389] niveaux local et mondial une fois pour toutes l'industrie de la cigarette et avec elle, tout un pan important de notre économie! Mais dans la mesure où cette solution n'est pas envisagée à l'heure actuelle de manière réaliste, il faut trouver autre chose.

Il me paraît évident que si la prévention du tabagisme était une chose simple, elle serait déjà réalisée. Certes, il faut de l'argent pour la prévention, mais cela ne suffit pas. Nous pensions qu'il fallait le dire ce matin. La prévention efficace suppose la collaboration de tous les acteurs et la poursuite de la recherche pour la compréhension des meilleurs moyens.

Concrètement, le groupe libéral suivra donc la majorité de la commission. L'approche du Conseil fédéral dans cette révision nous satisfait à l'heure actuelle, vous l'avez compris. Au cas où la proposition de la minorité l'emporterait, nous soutiendrions la proposition Bezzola concernant la surveillance de l'organisation de la prévention également par l'Office fédéral du sport.