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Roduit Benjamin · Nationalrat · 2019-09-26

Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · CVP-Fraktion · 2019-09-26

Wortprotokoll

Les boissons énergisantes sont un danger pour la santé de nos jeunes, et c'est un recteur de collège qui l'affirme. Selon Addiction Suisse, palpitations, angoisses, troubles comportementaux, sautes d'humeur, problèmes cardiaques, lésions du foie, insuffisance rénale ou problèmes respiratoires sont légion suite à la consommation de ce genre de boissons, qui font le bonheur des jeunes lors de leurs soirées récréatives, mais aussi le lendemain matin lorsqu'il s'agit de revenir aux choses sérieuses.

Alors que la Confédération table régulièrement sur des problèmes de santé publique et qu'elle essaie, tant bien que mal, d'endiguer les nouveaux maux issus de nos modes de consommation, le problème des boissons énergisantes doit vraiment être pris au sérieux.

C'est clairement ce que ce postulat vise. Si le Conseil fédéral, dans sa réponse, semble être conscient de la problématique, il n'empêche que les données sont actuellement manquantes. L'enquête nationale sur l'alimentation "Menu CH", publiée en juin 2019, donne bien quelques éléments, mais de manière succincte. Il apparaît d'ailleurs que les 18-34 ans sont la catégorie qui consomme largement le plus de boissons sucrées, avec presque quatre décis par personne par jour. Nous n'avons par contre aucune information en Suisse sur les plus jeunes et leur consommation de boissons énergisantes.

A l'échelle européenne, une étude publiée en 2013 montre que les plus grands consommateurs de ce type de boisson sont les adolescents, qui représentent 68 pour cent des consommateurs parmi la totalité des participants. Selon cette même étude, les boissons énergisantes représentent environ 43 pour cent de l'exposition à la caféine des enfants âgé de 3 à 10 ans. En 2009, en Suisse, près de 60 pour cent des garçons de 15 ans et 38 pour cent des filles du même âge déclaraient consommer au moins une fois par semaine ce type de boisson, selon l'étude HSBC sur les comportements de santé des adolescents.

Or, nous n'avons pour l'heure aucune donnée plus récente. Dans sa réponse datant déjà du 22 novembre 2017, le Conseil fédéral cite une étude financée par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires qui aurait dû aboutir à la fin 2018. Une année après, comme soeur Anne, nous attendons toujours cette étude qui, selon nos sources, est toujours en stand-by auprès du Centre hospitalier universitaire vaudois.

Face au manque de données et à l'inquiétude des parents, des professionnels de la santé et d'Addiction Suisse, il est de notre responsabilité d'apporter des réponses complètes afin d'avoir une vision claire de la situation. Au surplus, il s'agit de comprendre que ces boissons sont très caféinées; elles contiennent beaucoup de sucre, de 25 à 30 grammes par cannette, soit entre six et neuf morceaux, alors que la consommation de sucre pour un adulte ne devrait pas dépasser 50 grammes par jour.

Or vous le savez, chers parlementaires, pour en avoir souvent débattu: une alimentation trop riche en glucides peut avoir des conséquences négatives sur la santé - risque accru d'obésité, de diabète et de caries. En Suisse, en vingt ans, la proportion des personnes obèses a quasiment doublé; les 15 à 24 ans sont particulièrement concernés par cette évolution.

Vous l'avez compris, il est grand temps d'aller de l'avant pour contrer cette menace. Comment justifierait-on notre action continue pour protéger les jeunes de l'alcool, du tabac ou du sucre, que ce soit par des taxes ou des mesures de prévention, alors que nous n'avons rien entrepris et que nous ne savons rien des boissons énergisantes? Il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures en matière de protection de notre jeunesse et de santé publique.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de soutenir ce postulat.