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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2019-12-16

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-12-16

Wortprotokoll

En fait, il n'y a que quand on est malade qu'on se rend compte à quel point la santé est quelque chose de précieux. Malheureusement, quand on est en bonne santé, on ne se rend pas compte qu'en réalité - même si nous ne parlons que des coûts de la santé - ce qui fait la force d'un système de santé, ce n'est pas combien il coûte, mais d'abord ce qu'il nous rapporte et ce qu'il nous empêche de subir.

J'aimerais rappeler que si c'est en soi un but noble que de trouver des solutions pour que nous ne dépensions pas trop ou que nous dépensions de façon plus sociale pour le système de soins, nous devons d'autant plus garantir à tout un chacun une véritable qualité des soins. A ce sujet, je voudrais dire une chose: s'il y a des milliers de personnes qui sont aujourd'hui concernées par cette initiative, parce qu'elles travaillent dans le domaine des soins ou, plus encore, bénéficient de soins, il y a des millions de personnes dans notre pays qui pourraient bénéficier des effets d'une acceptation de l'initiative.

Que celles et ceux d'entre vous qui ont la chance d'être en bonne santé se rappellent de la décision que nous prendrons entre aujourd'hui et demain. Qu'ils se rappellent que lorsqu'ils seront en mauvaise santé, parce que cela peut nous arriver à toutes et tous, ils seront heureux de la qualité des soins offerts par notre système de santé. Le renforcer aujourd'hui en recommandant d'accepter l'initiative populaire, ce que je vous invite à faire, est donc judicieux.

Finalement, cette initiative va dans le sens de la mode. Elle propose un système de santé plus agile. On parle d'agilité à tort et à travers dans le domaine du management, mais en définitive quand il s'agit de l'appliquer, on ne veut pas bouger. Il est fondamental d'accepter l'idée que la décision doit être prise par les personnes qui sont le plus directement en contact avec le patient, tout en maintenant une qualité en termes de contrôle des coûts et des prestations fournies.

Mais l'avantage d'une initiative comme celle-ci, ce n'est pas seulement qu'elle vise à améliorer la qualité, c'est qu'en réalité il s'agit aussi de reculer pour mieux sauter. Oui, bien sûr, chaque fois qu'un investissement est fait, il faut dépenser une certaine somme. Le problème, c'est que quand on dit "reculer pour mieux sauter", c'est une belle image, parce qu'on imagine bien que l'on va voir le saut qui sera fait, mais dans le domaine de la santé, c'est un peu difficile. Si vous investissez dans des soins de qualité, pour que les gens se sentent mieux demain, vous ne voyez pas la situation dans laquelle ils sont encore plus malades et coûtent donc encore plus cher. En réalité, si nous améliorions la qualité des soins infirmiers et la capacité des personnes issues du secteur des soins de faire leur travail, nous améliorerions aussi, du point de vue financier, notre situation demain.

C'est pour cela que je vous invite à soutenir l'initiative. Il y a pénurie dans le domaine du personnel soignant. Une partie du problème est due au fait que des gens considèrent cette profession comme n'étant pas assez attractive, et cela concerne d'ailleurs aussi d'autres domaines que purement celui des infirmiers et des infirmières.

Je vous invite à ne pas vous intéresser à l'attractivité des salaires de notre pays seulement quand il est question des "top managers". Pourquoi ne s'intéresse-t-on pas autant au personnel soignant qu'aux "top managers", dont on dit qu'il faut leur offrir des salaires mirobolants pour les attirer? Ici, ce ne sont pas des salaires mirobolants qui sont demandés, mais simplement d'améliorer les conditions de travail pour éviter que les gens quittent systématiquement leur emploi parce que les conditions sont difficiles et que le travail n'est pas assez reconnu.

En fait, ce qui est demandé au travers de cette initiative, c'est de donner un peu plus de compétences aux gens sur le terrain et, surtout, de reconnaître ces compétences et de les développer, d'augmenter le nombre de professionnels qui pourraient effectivement fournir ces prestations. Je ne comprends pas comment on peut dire non à cela.

Allons dans le sens du bien commun. Or, le bien commun aujourd'hui, c'est faire en sorte que le personnel soignant puisse être formé, que cette formation soit attractive et que les conditions de travail soient au niveau des prestations que les fournisseurs de soins voudraient prodiguer, au lieu d'être simplement insuffisantes et donc nécessitant beaucoup trop d'immigration.

Je vous invite donc à soutenir cette initiative et à reconnaître le travail incroyable que fait le personnel soignant dans notre pays pour notre bien commun. Je rappelle que, même s'il est important d'endiguer les coûts de la santé, ce qui est le but de cette initiative, il est encore plus important d'être un pays où le plus de monde possible puisse être en bonne santé, car la santé n'a pas de valeur financière, elle a une valeur humaine beaucoup plus importante.

[VS]