AB 256447
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2019-12-18
Wortprotokoll
Je vais vous parler de choses très concrètes. Je viens du Jura, de l'Ajoie, qui est à proximité de la frontière française, et c'est vrai que, dans ma région, la sécurité dans certains villages est parfois un peu aléatoire. On voit, par moment, de très nombreux cambriolages, et une certaine lassitude de la population.
C'est vrai qu'il faut des moyens dans ce domaine. Ces moyens, selon l'organisation de notre système de sécurité, ce sont les cantons qui doivent les offrir. Et c'est vrai que certains cantons, le mien par exemple, présentent quelques difficultés financières, et donc peinent à engager du personnel policier supplémentaire.
Le but de mon intervention est de dire la chose suivante: dans notre pays, il y a des problèmes de sécurité qui ne sont pas dramatiques, mais qui existent; il y a des risques pour la population, dans les domaines du terrorisme, de la cyberdéfense. La sécurité de la population, notamment la sécurité dans les régions frontalières, avec le crime organisé qui existe, n'est pas toujours assurée, et on ne met peut-être pas suffisamment de moyens à disposition pour lutter contre les vrais problèmes.
Les autorités cantonales réclament de longue date des moyens supplémentaires. On manquerait en Suisse de 3000 à 4000 policiers. Beaucoup d'argent pour notre sécurité est alloué à l'armée, avec dans certains domaines des investissements qui sont tout à fait inappropriés. Pour preuve, encore récemment, l'achat de lance-mines, ce qui était vraiment une aberration complète, les lance-mines étant faits pour se battre contre quelqu'un qui voudrait envahir notre territoire. Alors, il faut choisir maintenant lequel des pays qui nous entourent voudrait le faire; on est vraiment dans le mythe et le fantasme.
La Suisse va acquérir de nouveaux avions de combat hyperluxueux. Pourquoi? Les vrais dangers sont ailleurs. Ils sont notamment dans les problèmes frontaliers, et pour y remédier il faut des moyens. En fait, la proposition des socialistes consiste à réduire à terme les dépenses militaires et à offrir, par des moyens péréquatifs, étant donné les sommes devenues ainsi disponibles, aux cantons les moyens d'engager des policiers supplémentaires. Avec un demi-milliard de francs, on pourrait s'offrir ces 3000 policiers supplémentaires. On aurait de cette manière véritablement les moyens d'accroître la sécurité afin d'endiguer les problèmes de criminalité, transfrontalière en particulier. Cet argent servirait aussi à renforcer les moyens de lutter contre le terrorisme. Dans ce domaine, la police est aux premières loges. Ce sont des choix importants, des choix que, malheureusement, on renonce à faire. On continue de se plaindre, et pourtant c'est vraiment important.
Je vous appelle donc à réfléchir. J'ai le souvenir de députés issus de la droite qui, dans le dossier des gardes-frontière, proposaient d'augmenter la dotation destinée aux gardes-frontière et qui, au moment de l'examen du budget, refusaient d'allouer les moyens supplémentaires. Dans la région où j'habite, la collaboration "policière" entre les gardes-frontière et les polices cantonales est très importante, et je pense qu'il faudrait également augmenter la dotation allouée aux gardes-frontière. La sécurité de notre pays est importante, la sécurité est un droit, et cela nécessite de mettre à disposition des moyens. Utilisons les moyens financiers de notre pays, qui sont conséquents, efficacement et non pas pour acheter [PAGE 2335] des armes inutiles, trop sophistiquées! La guerre traditionnelle n'est pas un risque que court notre pays, le risque est ailleurs.