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Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2020-06-11

Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-06-11

Wortprotokoll

Nous pouvons aujourd'hui saluer le Conseil des Etats, qui s'est rallié de manière assez claire à la décision de notre conseil. La prestation transitoire est donc certes plafonnée, mais elle sera mieux coordonnée avec la rente AVS anticipée. C'est ce que le Conseil des Etats souhaitait. Le projet offre donc, à la fin de nos travaux, un niveau de prestation qui ne sera certainement pas luxueux, mais qui permettra de vivre dans la dignité et de garder la fortune accumulée durant une vie de travail. En outre, la franchise sur le revenu est favorable et permettra d'améliorer la situation de celles et ceux qui trouveront quand même un peu de travail après 60 ans.

Nous aurions aimé que l'accès soit plus flexible, mais la solution proposée donne une incitation claire aux offices régionaux de placement de tout faire pour trouver du travail et pour le plus long temps possible à toutes celles et à tous ceux qui ont dépassé l'âge de 50 ans. La Confédération apporte dans ce domaine, et ce n'est pas si fréquent, une vraie contribution à la lutte contre l'exclusion du marché du travail et la pauvreté.

J'aimerais insister ici, au nom du groupe socialiste, sur le fait que ce projet, contrairement à ce que disent ses opposants, ne contient rien qui encouragerait à licencier des travailleurs âgés. Dans le canton de Vaud, nous avons une situation de ce type. J'aimerais donner des chiffres, c'est plus parlant que des théories: en 2010, avant l'introduction de la rente-pont vaudoise, il y avait 988 chômeurs de plus de 60 ans; en 2019, huit ans après sa création, il n'y en a plus que 871, donc 100 chômeurs de moins, soit 10 pour cent de chômage des seniors en moins après la création de la rente-pont. Une expérience réelle, grandeur nature, montre donc qu'il n'y a aucun effet qui pousse les employeurs à licencier. Et celles et ceux qui le pensent - c'est d'ailleurs étonnant de les trouver plutôt du côté de l'UDC - ont une bien piètre considération des employeurs, qui seraient ainsi tentés de[NB]licencier[NB]massivement[NB]juste parce qu'une meilleure prestation existe après deux ans de chômage. Ce raisonnement ne tient pas.

A la fin, la question est simple: que dit notre pays à celles et ceux qui ont travaillé 40 ans, 45 ans, et qui ne trouvent plus de travail, même après deux ans de chômage et deux ans d'efforts pour y arriver? Que leur disons-nous? Leur disons-nous que, pour eux, il y a l'assistance publique? Est-ce la réponse que nous voulons leur donner? Ou, à l'instar des partenaires sociaux - toutes les grandes organisations économiques, les syndicats, les organisations patronales - et de la plupart des forces politiques, leur disons-nous que leur parcours mérite une reconnaissance et le respect? C'est cette reconnaissance du travail qui fait la force des pays, qui fait la force de notre pays.

Je vous remercie pour votre soutien à la proposition de la Conférence de conciliation.