Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2020-06-15
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2020-06-15
Wortprotokoll
La stratégie de coopération internationale 2021-2024 telle que présentée par le Conseil fédéral ne tient pas du tout compte de la situation que nous venons de subir en Suisse, ni - surtout - de la situation économique que nous allons vivre les prochaines années. Notre économie vient de subir un arrêt brutal, et pour répondre à cette situation de crise, le Parlement vient d'accepter un supplément au budget 2020 de 31 milliards de francs et des cautionnements à hauteur de 42 milliards de francs, qui - nous l'espérons - ne seront pas tous perdus, mais certains le seront quand même. De plus, avec le ralentissement économique que nous vivons, les recettes de l'impôt fédéral direct et le produit de la TVA vont subir un ralentissement sans précédent de plusieurs milliards de francs par année ces prochains temps.
Et voilà que le Conseil fédéral nous propose un crédit d'ensemble de 11,252 milliards de francs pour ces quatre prochaines années pour la coopération internationale! La minorité que nous venons d'entendre, celle de notre collègue Claudia Friedl, propose même plus: plus de 15 milliards de francs.
Pour une minorité des membres de la Commission des finances, qui doit veiller aux finances fédérales, cela dénote en quelque sorte une certaine irresponsabilité, envers laquelle nous devons réagir en limitant divers montants proposés. La minorité Büchel Roland proposant le renvoi au Conseil fédéral a été rejetée.
Ma minorité quant à elle, vous propose une diminution globale du crédit d'ensemble de 1,116 milliard de francs, ou de 279 millions de francs par an, répartie sur tous les différents postes de la coopération internationale tels que détaillés dans le rapport que vous avez sous les yeux.
Avec le montant global que je propose au nom de la minorité[NB]II, la coopération continuera, certes avec une légère baisse du financement, mais de façon peut-être mieux ciblée et sans véritables conséquences sur le terrain. Car ce n'est pas en augmentant démesurément cette aide, comme le demandent certaines minorités, que l'on réglera les problèmes Nord-Sud. Il vaut mieux en effet cibler les besoins de certaines populations défavorisées.
A Genève et à d'autres endroits en Suisse, vous êtes au courant, des gens font la queue pour obtenir de la nourriture. Dans tout notre pays, plusieurs centaines de milliers de personnes, PME, chômeurs et travailleurs indépendants luttent pour survivre, et le Conseil fédéral nous propose d'augmenter l'aide au développement pour les quatre prochaines années! Il faudrait savoir si nous préférons dépenser plus d'argent à l'étranger plutôt que d'aider les gens dans notre pays.
Les propositions de la minorité II ont pour but de limiter l'aide globale à 10,136 milliards de francs sur quatre ans. C'est déjà beaucoup compte tenu de la situation financière que connaîtra notre pays ces prochaines années! C'est un montant qui permettra d'achever des projets déjà commencés et d'en projeter de nouveaux.
Je vous propose donc d'accepter nos propositions, qui rejoignent celles défendues par la minorité IV (Estermann) et qui tiennent compte de ce qu'il est possible de réaliser vu la situation financière que nous connaîtrons ces prochaines années dans notre pays. Elles permettraient peut-être même d'atteindre une part de 0,5 pour cent du PIB allouée à l'aide publique au développement, car le PIB diminuera fortement en 2020.