Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2020-09-08
Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-09-08
Wortprotokoll
La situation dans laquelle sont engagés la plupart des pays du monde est de plus en plus difficile. Nous faisons face à une situation de crise économique majeure, probablement l'une des plus fortes et difficiles depuis un bon siècle. Nous sommes dans une situation où la population commence à avoir des difficultés à suivre les mesures qui sont proposées. Des avis critiques sont échangés. Des refus des décisions qui sont prises se multiplient. La tension sociale dans de nombreux pays augmente, et cette tension sociale peut avoir des conséquences extrêmement difficiles sur l'avenir de nos démocraties et de nos pays. Voilà un tableau quand même assez inquiétant de la situation.
En Suisse, nous avons pu préserver une grande partie de nos libertés. Les droits démocratiques sont respectés; le Parlement peut débattre. Les mesures ont été, dans la plus grande partie des situations, proportionnées, et nous ne sommes pas dans une situation aussi critique que dans de nombreux pays.
Pour autant, la situation peut se dégrader rapidement. Et il y avait à l'origine de la stratégie proposée par le Conseil fédéral une évidence: on doit agir du point de vue épidémique et sanitaire, mais il faut une action au moins aussi forte du côté social et économique. Vouloir priver les gens d'activités, vouloir fermer des pans entiers de l'activité sociale et économique, cela n'est possible que si on assure à chacune et à chacun l'existence et si on garantit que les entreprises qui cessent leurs activités à cause des mesures prises ne soient pas menacées dans leur existence.
Ce binôme, cette stratégie sur deux jambes, sur deux piliers, a au fond bien marché pendant quelques semaines, voire quelques mois. Le Conseil fédéral a eu un fort soutien de la population, qui a adhéré aux mesures. Le risque, maintenant, c'est que cette stratégie soit déséquilibrée. On continue d'avoir des mesures sanitaires, pas aussi fortes évidemment que pendant le "lockdown", mais on continue d'avoir des restrictions. Une bonne partie de l'activité peine à redémarrer et ne peut pas se déployer comme elle se déployait avant la crise, et on commence à entendre une sorte de petite musique qui consiste à dire qu'on ne peut pas indéfiniment soutenir l'économie, soutenir les indépendants, soutenir les secteurs touchés. Au fond, cela revient à dire qu'on a levé les restrictions et qu'il faut donc, maintenant, revenir à l'ordre politique classique voyant le marché s'imposer et sélectionner ceux qui survivent et ceux qui ne survivent pas. Mais cette petite musique est dangereuse! Nous devons absolument en revenir à la stratégie équilibrée du début et poursuivre le soutien aussi longtemps que les restrictions ne permettront pas à une activité économique donnée de repartir et de durer.
Il est évident qu'il ne suffit pas de dire qu'on a le droit de voyager pour garantir que les gens achètent réellement des prestations en lien avec des projets de voyage et de vacances. Comme beaucoup d'entre vous, je pense, j'ai été sollicité. J'ai eu un téléphone d'une propriétaire d'une petite compagnie de voyage. Désespérée, elle m'a expliqué que son entreprise travaillait à 20 pour cent de ce qu'elle avait l'habitude de faire, que pour l'instant elle avait pu éviter de fermer et de licencier le personnel, mais qu'elle a l'impression - ce sont ses mots - que tout le travail d'une vie n'est tout simplement pas pris en considération, qu'il est saccagé, uniquement parce qu'on refuse d'envisager de prolonger un soutien à une branche qui, pourtant, est évidemment directement touchée par la situation que nous connaissons.
C'est la raison pour laquelle le groupe socialiste vous invite à soutenir les deux motions de la commission qui permettent de poursuivre une stratégie de soutien aux indépendants touchés par la crise, ainsi qu'aux indépendants indirectement touchés. Il est évident que l'on ne peut pas considérer que seuls ceux qui sont directement touchés par une mesure de fermeture doivent être aidés, mais que l'on doit continuer de prendre en compte tous les impacts indirects de la stratégie suivie.
Nous soutiendrons également la motion de l'UDC 20.3825, qui va dans le même sens. Nous refuserons évidemment la motion qui demande la levée de l'état d'urgence, puisque justement nous avons eu besoin de cet état d'urgence pour développer des mesures qui n'étaient pas prévues, notamment dans le domaine de la protection sociale pour les indépendants, qui n'étaient pas assez protégés auparavant.
Merci donc de suivre la commission et de soutenir la motion de l'UDC qui demande l'indemnisation des indépendants touchés par les mesures liées au coronavirus. Nous devons à tout prix remettre cette stratégie sur deux jambes.