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preparatory:AB 268239

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2020-09-16

Wortprotokoll

Il faut bien le reconnaître: les débats menés dans votre conseil et les réponses aux interpellations nous permettent encore et toujours de mettre à jour nos connaissances ou d'apprendre beaucoup de choses sur des situations dont on n'était pas forcément conscient. C'est le cas, Monsieur le conseiller aux Etats Hefti, avec votre intervention.

Je ne connaissais pas ce qu'on appelle en français la loque européenne, cette maladie qui touche les abeilles et que j'ai donc découverte. Ce que j'ai pu voir en analysant le dossier, c'est que la maladie peut évoluer très rapidement et se diffuser également très rapidement. C'est, curieusement, un agent infectieux qui est présent dans le monde entier et est très fortement répandu en Europe, les pays européens étant touchés à des degrés divers.

Sur le plan européen, la situation est extrêmement difficile à comparer et, d'ailleurs, il est difficile d'obtenir des statistiques précises, parce que les situations sont très différentes. Prenons l'exemple de l'Italie et du Royaume-Uni: ces pays prévoient une déclaration obligatoire de la maladie et des mesures sont prises pour la combattre alors que, dans d'autres pays comme l'Allemagne ou l'Autriche, de telles mesures n'existent pas, et donc, il n'y a pas d'instrument pour la combattre. Donc, logiquement, dans ces conditions, on ne connaît pas la réalité de ces pays. On peut imaginer par contre, évidemment, que le fait qu'il n'y ait pas de mesures pour combattre la maladie en Autriche et en Allemagne ait des conséquences beaucoup plus fortes pour la Suisse alémanique que pour la Suisse romande ou le Tessin, en particulier si l'on considère que l'Italie a introduit la déclaration obligatoire et met en oeuvre des mesures de combat très fortes.

Qu'en est-il de la situation en Suisse? La maladie apparaît de manière sporadique. On ne comprend pas très bien pourquoi sa présence varie d'une région à l'autre, on a de la peine à [PAGE 874] l'expliquer. L'annonce de la maladie, en Suisse, est obligatoire. Nous n'avons pas d'antibiotique autorisé que l'on pourrait administrer aux abeilles en cas de maladie. Nous constatons que le nombre de cas a continuellement augmenté entre les années 2000 et 2010.

Et donc il y a effectivement eu en 2009 - alors que la situation devenait problématique - des mesures de lutte uniformes et plus strictes introduites au niveau national. Avec de bons résultats: de près de 1000 par an, les cas déclarés sont passés aujourd'hui sous la barre des 300. On n'est pas encore au niveau observé avant 2000: il y avait moins de 100 cas par an. Mais enfin, on a déjà pu diviser par 3 le nombre de cas qui touchent les abeilles.

L'objectif est de réduire les dommages sanitaires et économiques causés par la présence de cette maladie touchant les abeilles sur notre territoire. Si l'on souhaite combattre la maladie, on sait que soit on lutte, soit on ne lutte pas, et que, si on ne lutte pas, la maladie se répandra avec des conséquences que l'on connaissait encore jusqu'en 2008 ou 2009; si on lutte contre la maladie, il n'y a pas d'alternative à la destruction complète du rucher, quand plus de la moitié de la colonie est atteinte, car les abeilles ouvrières qui sont en contact avec le couvain sont des porteuses saines de la bactérie qu'elles propagent. Il ne suffit donc pas d'éliminer uniquement les couvains et les rayons des colonies qui présentent des symptômes de maladie. Cela ne suffit pas. Si l'on veut vraiment couper la propagation de la maladie, on doit détruire la ruche entière pour éviter une propagation aux colonies voisines.

Voilà ce que je souhaitais vous dire. C'est ce que nous avons fait jusqu'ici. Nous partons aujourd'hui de l'idée que l'assouplissement, à ce stade, représenterait quelques risques de nouvelles propagations et des risques aussi pour la race des abeilles noires. Cela pourrait causer plus de dégâts encore que la destruction actuelle des colonies malades, d'ailleurs. Nous pouvons en effet observer la situation, mais il nous semble aujourd'hui que, vu les succès qui ont été obtenus dans ce cadre - avec des destructions de ruches qui ont pu être, à certains moments et dans certains cantons, importantes, mais qui restent en général relativement mesurées, avec un certain nombre de cas par année -, les mesures de lutte nous paraissent appropriées pour lutter aujourd'hui contre cette maladie.

Cela dit, la discussion politique est posée, maintenant. Je l'ai bien compris et remarqué. Je peux imaginer que cela donnera encore lieu à quelques discussions.