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Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2020-09-21

Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-09-21

Wortprotokoll

C'est au nom d'une forte minorité que je prends la parole, puisque nous étions tout de même 10 membres de la commission contre 12 à vouloir donner suite à l'initiative parlementaire Wermuth, discutée le 14 août dernier.

Etant donné les fortes disparités cantonales et communales, la minorité estime nécessaire que la Confédération définisse avec les cantons une offre minimale en matière d'accueil extrafamilial des enfants. Dans un second temps, il s'agirait de déterminer avec les cantons comment mettre en oeuvre concrètement cet objectif. La crise du coronavirus que nous avons traversée et que nous traversons encore a largement mis en évidence l'importance de l'accueil extrafamilial pour la société et l'économie. Du jour au lendemain, nous nous sommes retrouvés confinés à domicile et avons dû travailler tout en gardant les enfants, ce qui s'est vite révélé épuisant et peu satisfaisant.

L'accueil extrafamilial est essentiel lorsque les deux parents travaillent, mais, pour que le système fonctionne, l'offre doit correspondre à la demande, ce qui est encore loin d'être le cas partout aujourd'hui dans notre pays. Au sein des pays de l'OCDE, la Suisse est à la traîne dans le domaine de l'accueil extrafamilial; elle bat même tous les records concernant la charge financière pesant sur les familles. Aujourd'hui, l'offre en structures d'accueil extrafamilial dépend des cantons, des communes ou de privés. Il existe de grandes disparités en termes d'offre, mais aussi de coûts à la charge des parents, qui peuvent passer du simple au double selon la commune ou le canton. Et la recherche d'une place en crèche à un prix abordable pour les parents se transforme souvent en un véritable parcours du combattant.

Il est grand temps de changer de paradigme: percevons l'accueil extrafamilial comme un investissement pour les enfants, les familles et la société en général, et non comme un coût. Pour réussir ce changement, nous devons mener une réflexion approfondie, qui tienne bien sûr compte de toutes les discussions précédentes à ce sujet au Parlement. Certes, la Confédération a aujourd'hui un rôle subsidiaire, mais pourquoi ne pas revoir l'ensemble de ce système de financement et de répartition des tâches, puisqu'on constate que le système actuel ne répond pas aux besoins des familles concernées? Et j'émets le souhait que nous devenions plus innovants dans ce dossier!

Je me permets aussi de poser une question: si la Confédération investit pour les étudiants de plus de vingt ans, pourquoi ne pas le faire également pour les enfants de zéro à quatre ans? On parle pourtant bien de nos enfants, de l'avenir de notre société. Et les arguments en faveur de l'accueil extrafamilial sont nombreux: il s'agit d'un instrument efficace pour concilier vie familiale et vie professionnelle et pour promouvoir l'égalité entre hommes et femmes. C'est aussi un outil important pour l'intégration et la socialisation des enfants, en particulier pour les enfants issus de milieux socioéconomiques modestes.

Pour toutes ces raisons je vous invite à suivre la minorité et à donner suite à cette initiative parlementaire.