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Parmelin Guy · Bundesrat · 2020-12-02

Parmelin Guy · Bundesrat · Waadt · 2020-12-02

Wortprotokoll

Madame Thorens Goumaz, en premier lieu, il convient de rappeler que le Conseil fédéral est conscient de la situation phytosanitaire difficile dans laquelle se trouvent les betteraviers, en particulier en Suisse romande, mais aussi dans le Seeland bernois et, parfois, dans la vallée du Rhin également. Les dégâts sont extrêmement importants, particulièrement cette année, dans des parcelles de betterave, avec des diminutions de rendement allant jusqu'à plus de 50 pour cent. La cause, c'est cette jaunisse virale, dont le vecteur est ce puceron vert, qui la transmet aux betteraves.

Le Conseil fédéral admet la nécessité de protéger les cultures, en tout cas dans une phase intermédiaire. Il a étudié aussi différentes options. Cela a été fait par des spécialistes, je vous rassure, ce n'est pas le Conseil fédéral lui-même qui l'a fait. Ce n'était pas quelque chose de simple. L'objectif est de trouver et de renforcer les moyens, d'une part, de lutte contre ce puceron vecteur de la virose et, d'autre part, de passer par la recherche pour développer des variétés tolérantes ou résistantes à cette virose.

Un programme ambitieux - et vous l'avez évoqué, Madame Thorens Goumaz - comprend la recherche de méthodes alternatives pour protéger les betteraves, le choix de variétés tolérantes et le développement de modèles d'avertissement permettant de cibler les traitements. Un[NB]tel[NB]programme[NB]est[NB]maintenant en développement auprès d'Agroscope.

Il est à relever que les organisations environnementales et[NB]de[NB]producteurs sont impliquées aussi dans ce développement. Dans le cadre de la prise de décision - je le dis en passant -, l'Office fédéral de l'agriculture avait consulté et organisé une table ronde avec les différents intervenants pour voir les différents avis qui s'exprimaient.

Si, à long terme, l'objectif est de se passer des traitements, à court terme il faut trouver des moyens pour donner une perspective aux producteurs de protéger leurs cultures, si on veut assurer une production de sucre en Suisse. C'est pour cette raison que l'Office fédéral de l'agriculture a autorisé ces deux insecticides, qui pourront être utilisés l'année prochaine. Mais - et c'est la différence avec l'enrobage des semences avec le Gaucho ou quelque chose d'autre -, ces produits ne doivent être utilisés - ce sont les règles dans la production intégrée - seulement en cas de seuil d'attaque dépassé. Et des attaques de pucerons n'ont pas lieu toutes les années. C'est peut-être aussi ce qui se passe dans d'autres cultures qui ont le même problème de virose avec des pucerons. Par exemple, dans la culture de l'orge, ce n'est pas toutes les années que ces ravageurs pullulent.

Les deux produits dont il est question sont déjà utilisés et sont homologués en Suisse pour la pomme de terre, en particulier, mais, je le répète, ils doivent être utilisés de façon extrêmement ciblée. Cela aurait été tout autre chose de réhomologuer ou de prolonger l'homologation du Gaucho. Nous avons fait là aussi une pesée d'intérêts, et les évaluations ont montré que cette décision éventuelle n'aurait pas été judicieuse, même s'il faut constater que, dans certains pays de l'Union européenne, contre l'avis de la Commission européenne, le produit a été réhomologué. La Belgique, l'Autriche et la France ont décidé, pour une durée limitée, de réhomologuer cet insecticide, qui a un avantage: il n'y a pas besoin de traiter, puisqu'il se développe avec la plante. Comme effets, on note qu'il reste plus longtemps dans le sol, avec le risque que les cultures florales qui suivraient soient elles aussi touchées, ce qui nuirait aux abeilles.

J'apporte maintenant quelques précisions pour répondre à vos questions sur les méthodes alternatives envisagées. Des réflexions sont en cours. D'entente avec le Centre betteravier suisse, nous visons à soutenir et à renforcer la sélection et les essais des betteraves à sucre qui pourraient être résistantes à la jaunisse. Si je vois - et cela, c'est mon ancienne profession qui me le montre -, ce qui se passait dans d'autres secteurs, ce n'est pas toujours simple de trouver des variétés tolérantes. Si vous trouvez certaines variétés, cela prend en général du temps; souvent, vous avez des déceptions: après une année ou deux, vous vous rendez compte que ce n'était pas nécessairement le cas.

Il faut aussi mettre sur pied, dans ces réflexions, un système plus précis de prévision des attaques de ravageurs, un système prévu au bon moment, peut-être régional. Notre pays n'est pas une grande plaine comme la région de la Beauce, sous Paris. Il y a des microclimats dans différentes régions, on le voit très bien cette année. J'ai été en Suisse orientale, des secteurs entiers ne sont pas touchés par la jaunisse, il n'y a pas eu, manifestement, de vols de ravageurs, comme cela a été le cas dans la Broye ou dans certaines régions de Suisse alémanique.

L'objectif, dans cette phase intermédiaire, c'est de pouvoir intervenir, si c'est nécessaire, de manière ciblée, avec le moins d'effets secondaires possibles. La prochaine étape de la politique agricole prévoit également un soutien renforcé à des modes de production sans pesticides. Cela figure dans le projet. Cela s'articule autour d'un système de paiement direct qui vise à rémunérer les prestations sociétales et qui vise à encourager les entreprises agricoles à recourir à des techniques de production particulièrement écologiques. La Politique agricole 22 plus prévoit de renforcer ces exigences environnementales, qui y sont liées.

Il est prévu, entre autres, un système de production dans les grandes cultures élargi à des contributions en cas de renoncement, par exemple, aux herbicides et aux insecticides, ainsi qu'une contribution pour des bandes végétalisées favorables aux organismes utiles. Tout un système d'incitations devrait se mettre en place dans le cadre de la Politique agricole 22 plus. Vous allez discuter tout prochainement de ce projet, il ne tient qu'à vous d'entrer en matière et de faire le pas qui va vers plus de durabilité.

Si j'ai un appel à faire en terminant cette intervention aujourd'hui, appel que je réitérerai au moment où je serai à nouveau devant vous, c'est d'accepter ce projet, contre l'avis de certains. Ce projet est bon, il donne justement des perspectives, parce qu'il permettra de passer cette phase assez difficile.

J'aimerais encore vous dire quelques mots, Madame Thorens Goumaz. On est toujours plus intelligent après. Ces produits tels qu'ils étaient utilisés jusqu'à ce qu'on ait des analyses qui montrent qu'il y avait peut-être certains problèmes, ils ont été ressentis par les agriculteurs et par les professionnels comme quelque chose d'excellent, parce qu'ils n'avaient justement plus besoin d'aller traiter avec leurs tracteurs, ils n'avaient plus de risques d'aller tuer des abeilles ou des insectes utiles. C'était la semence qui était enrobée, et cela apparaissait être une évolution technologique remarquable. On voit, après quelques années, que les effets secondaires ont peut-être été sous-estimés. Je crois qu'on ne peut pas imputer ceci aux agriculteurs. Maintenant, il faut leur donner une perspective dans une phase intermédiaire et espérer que la recherche jouera ce rôle. Nous avons renforcé les moyens d'Agroscope et de l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FiBL); tout le monde travaille pour trouver des solutions le plus rapidement possible, et des solutions efficaces.

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