Bendahan Samuel · Nationalrat · 2020-12-15
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-12-15
Wortprotokoll
J'aimerais juste rappeler à cette assemblée le pouvoir de la culture, l'importance de la culture dans une société comme la nôtre, la capacité de la culture à créer de la valeur pour la population et à la démultiplier pour chacune et chacun, avec, d'ailleurs, un coût écologique et financier moindre en général. Mais cela se fait toujours à un prix: cela se fait au prix du sacrifice que les acteurs culturels doivent faire et de leur vie souvent difficile. Même sans crise du Covid, leur situation est compliquée; leurs conditions travail, dures; leurs contrats, précaires; et les incertitudes, nombreuses, comme pour beaucoup d'autres secteurs qui souffrent de cette crise. Avec la crise du Covid, la précarité qui existait déjà pour le secteur culturel s'est empirée, alors [PAGE 2556] que la culture est fondamentale pour notre société, notre pays et notre avenir.
Je vous invite donc à faire deux choses. D'abord, je vous invite à soutenir la minorité I (Fivaz Fabien), qui propose de porter à 200 millions de francs plutôt que 100 millions le montant du soutien à la culture. C'est un strict minimum quand on le compare aux aides apportées à d'autres secteurs. Ce n'est pas une question de jouer un secteur contre un autre, mais de montrer dans quelle proportion nous voulons aider la culture par rapport aux moyens que nous avons dans ce pays. Il est fondamental de faire cet investissement et de dire que, parce que nous croyons en l'avenir, à ce que nous apporte la culture, il est nécessaire de mettre au moins 200 millions de francs l'année prochaine pour le soutien à ce domaine. Je tiens à le préciser, ces soutiens sont faits sous forme de contrats de prestation, comme écrit par le Conseil fédéral.
Je vous invite aussi à rejeter la minorité II (Aeschi Thomas), qui souhaite ne pas soutenir les acteurs culturels, mais seulement les entreprises. Sur ce point, le Conseil fédéral a eu raison de dire qu'il fallait une proposition qui soutienne les acteurs et les entreprises culturelles. Ainsi, toute personne active dans ce domaine économique et social fondamental doit être soutenue.
J'aimerais juste vous rappeler que les personnes qui sont concernées par des contrats culturels n'ont, aujourd'hui, pas d'aide spéciale, par exemple par rapport à leur droit aux indemnités chômage. Il est donc fondamental que ces personnes puissent avoir une activité. Imaginez la catastrophe si des acteurs qui ont apporté tellement de richesses à notre pays se retrouvent à devoir demander l'aide sociale, parce qu'ils n'ont pas droit aux prestations chômage et parce qu'ils n'ont pas de soutien pour faire leur activité! Personne ne souhaiterait être dans cette situation. 200 millions de francs pour la culture, ce n'est pas grand-chose par rapport aux moyens dont nous disposons dans ce pays, mais c'est énorme par rapport à la richesse qu'apporte ce secteur, par rapport à ce qu'apportent les intermittents du spectacle et les entreprises gravitant autour du secteur culturel.
On le voit aussi d'ailleurs, la culture n'a pas disparu pendant la crise du Covid. Beaucoup de personnes qui se sont retrouvées confinées ont ressenti le besoin d'avoir plus de culture, de regarder des séries télévisées, de regarder des choses en ligne, de jouer à des jeux vidéo, et j'en passe. Le secteur culturel s'est développé. Mais toutes les personnes dont l'activité culturelle n'a pas pu se faire, parce qu'elle est en présentiel ou limitée par les restrictions, se sont retrouvées dans des situations impossibles, alors qu'elles aussi contribuent à ce foisonnement et que nous en avons besoin.
Parce que nous avons besoin de la culture, soutenez la minorité I (Fivaz Fabien), acceptez les 200 millions de francs d'aide pour la culture et refusez la minorité II (Aeschi Thomas), qui souhaite supprimer les aides pour les acteurs de la culture. Ensemble, nous pouvons faire quelque chose pour l'avenir de notre pays; cela ne coûte pas beaucoup, mais cela rapporte énormément.