Chiesa Marco · Ständerat · 2021-06-17
Chiesa Marco · Ständerat · Tessin · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-06-17
Wortprotokoll
Lors des entretiens que la Commission de gestion a menés au mois de mai avec les membres du Conseil fédéral, la question de la gestion de la pandémie de Covid-19 a été l'un des principaux thèmes abordés, en particulier avec le chef du Département fédéral de l'intérieur. Le rapport que je vais brièvement vous présenter se concentre sur trois points principaux: les mesures, les tests et les vaccins.
En ce qui concerne les mesures, le chef du DFI, M. le conseiller fédéral Berset, a souligné que, depuis le début de la pandémie, l'objectif du Conseil fédéral a été de limiter autant que possible l'impact de la crise sur la santé, l'économie et la société. La stratégie qu'il a retenue s'est fondée sur trois piliers: les mesures de "mitigation", les tests et la vaccination. Les mesures de lutte contre la pandémie ont été décidées dans un contexte précaire. L'absence de preuves scientifiques a conduit au fait que de nombreuses décisions ont dû être prises sur la base de connaissances disponibles limitées relatives à la transmission d'autres virus respiratoires. L'évolution extrêmement rapide des connaissances, combinée à l'exigence de prendre des décisions elles-mêmes rapides et opportunes, a fait en sorte que le Conseil fédéral a dû à plusieurs reprises former son avis sur la base d'informations incomplètes. Grâce à une stratégie différenciée adaptée à la situation épidémiologique du moment, les mesures implémentées en Suisse ont souvent été moins restrictives que celles prises dans d'autres pays. C'est une des raisons pour lesquelles, selon le Conseil fédéral, elles ont toujours bénéficié du soutien de la majeure partie de la population.
En ce qui concerne les tests, dans son audition du 10 mai, le chef du DFI, M. le conseiller fédéral Berset, a souligné que l'un des défis majeurs de la pandémie a été la gestion des pénuries concernant d'abord le matériel de protection, puis les lits en soins intensifs, les médicaments et les tests, pour terminer aujourd'hui par les doses de vaccin disponibles. Par rapport aux tests, il faut souligner les progrès réalisés en matière de dépistage, qui ont connu une accélération impressionnante. Le conseiller fédéral nous a rappelé que pendant la première vague, au cours du printemps 2020, notre pays ne pouvait pas réaliser plus de 7500 tests par jour, et que même des personnes présentant des symptômes ne pouvaient pas se faire tester à moins d'appartenir au groupe des personnes vulnérables.
Aujourd'hui, on est en mesure de réaliser en moyenne plus de 30[NB]000 tests PCR par jour. Ce chiffre n'inclut pas les autotests gratuits à usage domestique ni le dépistage répété, réalisé à large échelle dans les entreprises et les écoles avec la méthode des analyses groupées. On peut donc relever une nette progression en matière de capacité de test.
En ce qui concerne les vaccinations, ces dernières - comme on l'a dit auparavant - sont un pilier central de la politique relative au coronavirus de la Confédération. Les premières discussions à ce propos ont eu lieu en mars 2020. Le conseiller fédéral nous a rappelé que, à ce moment-là, il était impossible d'établir des prévisions claires par rapport à l'horizon temporel et par rapport à la qualité et à la quantité des vaccins en préparation.
La formulation de la stratégie suisse concernant l'acquisition et la production de vaccins a été conçue, pour la première fois, en mai 2020. Elle a été remodelée ensuite à plusieurs reprises. Le Conseil fédéral a décidé de se concentrer sur différents produits, dont ceux de nouvelle conception ARNm, afin de réduire les risques. Heureusement, ces vaccins ont montré leur efficacité, et notre pays est l'un des rares au monde à pouvoir vacciner l'ensemble de sa population avec des vaccins à ARNm.
Une autre bonne nouvelle est que Moderna, l'un des deux fabricants de vaccins à ARNm, a décidé de passer un contrat avec Lonza pour la production de vaccins dans notre pays. Le Conseil fédéral a pris connaissance de la collaboration prévue en avril 2020. Au mois de mai, il a entamé des négociations avec Moderna afin de sécuriser l'approvisionnement de la Suisse en vaccins, et de faire en sorte que Moderna investisse dans notre pays. Lors de notre entretien du mois de mai, le conseiller fédéral Berset est revenu en détail sur la question, largement discutée ces derniers mois, de l'éventuel achat de lignes de production de Lonza par la Confédération. Il a présenté les réflexions menées à l'époque et a détaillé la stratégie suivie par la Confédération dans ce dossier, qui consiste à investir dans les vaccins de Moderna et à s'engager fortement pour que Lonza dispose de bonnes conditions-cadres et pour qu'elle puisse recruter suffisamment de personnel.
La Commission de gestion du Conseil national a décidé en mars dernier d'approfondir plus en détail ce dossier. Elle a consulté l'ensemble des documents pertinents et procède actuellement à diverses auditions. Elle fera part de ses conclusions à l'issue de son inspection. Le Conseil fédéral est également revenu sur le projet "Leute für Lonza". Le gouvernement suisse, lorsqu'il s'est avéré, au printemps de cette année, que Lonza n'était pas en mesure de faire fonctionner l'une de ses trois lignes de production à plein régime en raison d'un manque de personnel, a décidé de soutenir Lonza notamment parce qu'à l'époque une décision était sur le point d'être prise quant au lieu où Moderna allait étendre ses capacités de production. Pour ce motif, un programme de [PAGE 704] recrutement de personnes a été lancé en collaboration avec les universités, les centres de recherche, etc., afin de pouvoir continuer à produire en Suisse et mettre en place la troisième ligne de production.
Concernant les autres vaccins, on peut encore relever que la Confédération a conclu des contrats avec différents fabricants. Outre Moderna et Pfizer/Biontech, il s'agit également d'Astra-Zeneca, de Curevac et de Novavax. La Confédération est d'ailleurs actuellement en train de travailler à l'obtention de vaccins pour 2022, car il est indiscutable qu'un bon approvisionnement en vaccins est crucial tant au niveau de la santé publique que de l'économie. Un "lockdown" à la suisse, comme on l'a vécu au printemps 2020 coûte jusqu'à 150 millions de francs par jour, comme vous le savez. Différents contrats ont été signés en ce sens.
Parallèlement, la Suisse a participé à l'initiative Covax, qui vise à garantir l'accès aux vaccins dans le monde entier. La participation financière à ce programme était également liée au droit d'acheter des vaccins pour la Suisse par l'intermédiaire de Covax. Cependant, selon le chef du DFI, force est de constater que Covax ne fonctionne pas encore bien. De nombreux pays n'ont encore reçu aucun vaccin. Dans notre pays, il y a toujours un nombre limité de vaccins et la Suisse n'est donc pas en mesure d'en transmettre à d'autres nations. Le chef du DFI a toutefois laissé entendre que si le vaccin d'Astra-Zeneca était approuvé en Suisse, cette dernière pourrait transmettre une partie de ses doses disponibles à d'autres pays, peut-être par l'intermédiaire de Covax.