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preparatory:AB 285912

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2021-06-17

Wortprotokoll

Tout d'abord, si vous me permettez Monsieur Sommaruga, j'aimerais corriger une erreur: vous avez dit que les Pays-Bas étaient un pays comparable à la Suisse. Vous avez raison sur un point, c'est un pays comparable à la Suisse en termes de nombre de buts marqués lors du Championnat d'Europe de football jusqu'à aujourd'hui, à savoir un; par contre, c'est un pays qui est quand même deux fois plus grand que la Suisse en termes de population. Cela dit, cela n'enlève rien au fait que ces questions de financement et de la manière dont on peut le garantir sont centrales.

Ce que je peux vous dire à ce sujet, c'est que le partenariat qui a été créé par l'OMS en 2016 aborde un sujet absolument central. Ce que je peux vous dire et vous reconfirmer ici encore une fois, c'est que la question de la résistance aux antibiotiques est un problème extrêmement sérieux, que nous prenons très au sérieux. Il est en fait systématiquement au sommet de l'agenda lors de tous les contacts internationaux en matière de santé et de santé publique et ce depuis que je suis ce débat. Cela a toujours été le cas et il y a beaucoup d'engagement dans ce sens. Il est nécessaire pour les Etats, dans le système multilatéral, et aussi pour les Etats eux-mêmes, de s'engager fortement, parce que nous avons probablement avec les antibiotiques ce qu'on pourrait appeler un échec du marché. Et ce pour une raison assez simple: en fait alors que dans le domaine d'autres médicaments par exemple dans le domaine des vaccins, il y a un marché qui fonctionne, parce qu'il y a un intérêt économique à la recherche, au développement et à la production de médicaments et de vaccins. Pour les antibiotiques, c'est une autre situation. Si vous faites de la recherche, vous avez préalablement trouvé du financement, et si vous trouvez un nouvel antibiotique, il faut alors l'enfermer dans une armoire; en effet, il devient un antibiotique de réserve.

C'est un des grands problèmes et c'est ce qui explique qu'il est relativement difficile d'avoir, comme c'est le cas dans d'autres domaines, un engagement fort du secteur privé pour le développer, même si tout le monde est conscient - y compris dans le secteur privé - de la très grande importance de cette problématique.

Donc le partenariat mondial, qui a été créé par l'OMS en 2016, s'inscrit dans ce contexte général de forte préoccupation; cela permet de développer de nouveaux traitements contre les infections résistantes aux médicaments. Comme je le disais, cela représente une grande menace pour la santé publique sur le plan international. Le partenariat a comme objectif de développer cinq nouveaux traitements d'ici 2025 - ce sont des objectifs assez ambitieux, que nous soutenons évidemment. Le financement est garanti par toute une[NB]série de pays - l'Allemagne, le Japon, le Luxembourg, Monaco, les Pays-Bas, l'Afrique du Sud, le Royaume-Uni et la Suisse -, ainsi que par Médecins sans frontières et des fondations privées.

Comme vous l'avez dit, la Suisse a jusqu'ici pu financer le partenariat via l'OFSP. Le budget a été pris dans le cadre de la stratégie nationale sur l'antibiorésistance. Nous avons mis en place dans notre pays, il y a quelques années, le programme Stratégie Antibiorésistance Suisse (Star); il fonctionne bien. Il comprend non seulement la santé humaine mais aussi la santé animale. Un des grands défis que nous avons, c'est aussi de mieux cadrer l'utilisation des antibiotiques dans la médecine vétérinaire. C'est un des très grands enjeux. Nous avons développé avec notre approche "One Health" une approche coordonnée, globale, pour la santé humaine et la santé animale

Ce soutien de l'OFSP était limité dans le temps. Il ne pourra malheureusement pas être poursuivi à l'avenir avec le budget de la stratégie Star. Nous sommes en train de chercher une solution de financement transitoire, dans le cadre du budget normal de l'OFSP.

Cela dit, et il en était aussi fait mention dans l'avis du Conseil fédéral, un engagement de la DDC en faveur du Partenariat mondial sur la recherche-développement en matière d'antibiotiques serait également envisageable à l'avenir. Comme vous le savez, la DDC est également engagée dans ce domaine et le GARDP développe en particulier un nouveau programme axé sur l'accès aux antibiotiques dans les pays à faible et moyen revenu.

Il y a aussi d'autres moyens de soutenir le partenariat qui nous paraissent importants. Nous avons par exemple conclu, en mars 2021, un accord sur les privilèges et immunités du partenariat, l'objectif étant de renforcer durablement l'ancrage de l'institution à Genève et d'y renforcer aussi les collaborations indispensables avec les autres acteurs de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. La Suisse appuie également les efforts du partenariat pour mieux faire connaître ses activités et ses travaux au sein de la communauté internationale et en particulier des instances chargées de la santé mondiale sises à Genève. C'est notamment aussi par le soutien aux contacts, à l'organisation d'événements sur la thématique, parce qu'il faut vraiment beaucoup en parler et s'engager ensemble dans ce domaine.

Enfin, je mentionnerai un dernier point: l'OFSP préside pour une période de trois ans le Comité consultatif du partenariat avec les donateurs du partenariat.

Pour le reste, la Suisse s'engage également au niveau international, en faveur du Pôle mondial de recherche et développement sur la résistance aux antimicrobiens à Berlin, qui a été soutenu par des ressources en personnel, en 2019 et 2020. Nous participons également à l'Initiative de programmation conjointe sur la résistance aux antimicrobiens, qui apporte un soutien global à la recherche et à l'innovation dans le domaine. Encore un élément, dans le cadre du dialogue de haut niveau sur la résistance aux antimicrobiens de l'ONU, nous avons "cosponsorisé", fin avril, l'appel à l'action sur la résistance aux antimicrobiens, justement pour renforcer ces efforts sur les plans national et international, mais aussi la collaboration et le travail avec le secteur privé, conformément à l'approche "One Health" que nous avons développée, et en tirant bien sûr les leçons de la pandémie Covid-19.

Quant à savoir s'il faudrait pouvoir intégrer cette thématique à la politique extérieure suisse en matière de santé, et s'il faut expressément inclure dans ce cadre le partenariat et l'opportunité de l'inclure dans la prochaine mouture, nous allons évidemment évaluer cette question. [PAGE 726]

Je peux bien imaginer, sans avoir besoin de lire dans le marc de café, que la question de la résistance aux antibiotiques ne fera que prendre de l'ampleur ces prochaines années. C'est un thème déjà fortement mis en lumière mais qui nous posera de grands problèmes à l'avenir. Il est donc tout à fait envisageable que ces questions constituent une partie de notre future politique extérieure, car nous aurons besoin d'une politique bien coordonnée dans ce domaine, non seulement au niveau de notre pays - et on a déjà fait beaucoup de choses en la matière -, mais aussi au niveau du système multilatéral. Ce dernier doit être aussi fort que possible. Ce n'est qu'ainsi que l'on pourra vraiment trouver une solution et surmonter ce problème.