Porchet Léonore · Nationalrat · 2021-09-15
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2021-09-15
Wortprotokoll
D'ici à 2040, le nombre de personnes de plus de 65 ans va doubler en Suisse - doubler. Cela veut dire qu'il va falloir doubler les besoins en santé, en soins à domicile et les places en EMS. C'est-à-dire qu'il faudra créer, si l'on reste dans le même système, 70[NB]000 places en EMS d'ici à 2045, et cela seulement pour maintenir le niveau actuel. Autant vous dire que les défis sont immenses, gigantesques et que nous ne sommes pas préparés pour ces défis.
La question se pose de manière urgente et aiguë, surtout en ce qui concerne le financement des soins de longue durée. Des réponses à cette urgence sont à trouver durant cette décennie, notamment dans ce Parlement. Il faut nous permettre à nous, élues et élus, de prendre de bonnes décisions. Pour cela nous avons besoin de bases scientifiques. Il faut que nous connaissions les avantages et les inconvénients des différents modèles. Il faut que nous puissions évaluer les besoins en personnel en regard des processus de soins. Il faut aussi que nous connaissions les coûts de ces modèles. Nous avons besoin de projections sur les conséquences de ce changement et notamment sur ce que cela va impliquer pour le financement des soins de longue durée. En somme, nous avons besoin d'une vue complète qui permette de prendre des décisions informées ces prochaines années. C'est ce que propose ma collègue Maya Graf dont j'ai le plaisir de reprendre la motion qui vise à lancer un programme national de recherche. [PAGE 1633]
Le Conseil fédéral se dit conscient des défis à relever dans le domaine des soins de longue durée et j'en suis heureuse. Pourtant, il rejette d'une part la responsabilité sur les cantons, et, d'autre part, il dit avoir déjà fait les études nécessaires.
Néanmoins, l'inquiétude de notre collègue Maya Graf est celle d'un financement adéquat de ces soins. Dans ce cas, on ne peut pas mettre cela sur le dos des cantons, ni compter sur les études citées par le Conseil fédéral dans sa réponse, puisque ces études ne concernent pas les questions de financement.
Nous ne pouvons pas laisser les cantons seuls. Si je prends l'exemple de mon canton, le canton de Vaud, je constate que plusieurs stratégies, plusieurs études, plusieurs plans ont été mis en place pour essayer de parer, de prévenir ou de réfléchir à l'avenir, mais c'est au niveau du financement que tout cela va se jouer, et c'est bien ici, au Parlement, au niveau national, que ces décisions sont prises.
Il faut garantir que des éléments jusqu'ici négligés seront pris en compte. Il faut donner une vue complète des différents aspects des prestations de soins et d'accompagnement. Et surtout, il faut donner une réponse à cette question urgente, qui s'articule autour de celle du financement, qui n'est pas traitée dans les rapports cités par le Conseil fédéral dans sa réponse, et dont nous avons urgemment besoin.
Parce que nous devons préparer durant ces dix prochaines années le futur du système de soins pour les personnes âgées, pour nos parents, pour nos grands-parents, je vous prie d'accepter la motion Graf Maya en faveur d'un programme national de recherche sur les soins et l'accompagnement des personnes âgées.