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Bauer Philippe · Ständerat · 2021-09-29

Bauer Philippe · Ständerat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2021-09-29

Wortprotokoll

Je déclare tout d'abord mes liens d'intérêts: je suis président de la Fédération neuchâteloise des associations professionnelles du second oeuvre, qui regroupe plus de 150 entreprises qui sont à peu près toutes des entreprises formatrices. Je suis aussi président de la Convention patronale de l'industrie horlogère, qui est en train de faire sa transition de la formation en école à la formation duale. Et puis j'ai été pendant plusieurs années avocat-conseil de Gastro Neuchâtel, autre association très active dans la formation. Pour finir, je dirai encore que je viens d'un canton universitaire, qui a la chance d'avoir une école polytechnique fédérale et des hautes écoles. Donc la formation me concerne et je crois à notre système de formation, qu'elle soit académique ou professionnelle.

En l'état, le postulat que je vous propose d'adopter vise à apporter un certain nombre de réponses à des questions que passablement d'acteurs se posent. Tout d'abord, nos cantons, qui soutiennent les cours interentreprises en les finançant sans avoir beaucoup d'informations ou de retours sur le nombre de jours, sur la manière dont le nombre de jours de cours a été décidé, sur ce que sera le contenu de ces cours, sur ce qui adviendra des factures, voire sur qui peut décider d'augmenter l'un ou l'autre de ses partenaires. Ensuite, les associations professionnelles, qui sont certes souvent impliquées par l'intermédiaire des organisations du monde du travail dans ces cours interentreprises mais qui, en définitive, se posent elles aussi passablement de questions en lien avec ce que font les autres professions et sur le fait que certaines privilégient beaucoup plus de jours de cours que d'autres. Les entreprises, aussi, qui voient leurs apprentis les quitter régulièrement, toujours plus souvent disent certaines, et qui se posent là aussi des questions, puisqu'on leur a demandé de passer à un système dual, tout en augmentant parallèlement le nombre de jours de formation. Et, enfin, les apprentis eux-mêmes qui ne comprennent pas toujours très bien comment[NB]fonctionnent les cours interentreprises et ce qu'on y apprend.

En effet, à entendre toutes ces personnes, on constate qu'aujourd'hui on ne sait pas vraiment comment des réponses sont données à ces interrogations: qui sont véritablement les prescripteurs? qui sont les décideurs? quels sont les critères pris en compte? et finalement, quelle est la marge de manoeuvre et la place que les cantons, les associations professionnelles et donc les entreprises et les apprentis ont dans la détermination du pourtour de ces cours interentreprises?

C'est pour cela que je vous propose d'accepter un postulat qui charge le Conseil fédéral de nous soumettre un rapport sur l'évolution moyenne du nombre de jours de cours interentreprises. Je me suis laissé dire que dans certaines professions, l'inflation avait été de plus de 20 pour cent ces dernières années. Il semble aussi qu'il y ait des disparités très importantes entre les professions, entre les cours, entre la manière de financer les cours, et entre le travail que font les associations professionnelles dans ce domaine. Je crois qu'il serait bien, au moment où on loue la formation duale, d'avoir un arrêt sur image de la situation que nous vivons. [PAGE 1047]

Mon postulat ne vise pas simplement à discuter du coût des cours interentreprises. Non, je pense que la formation coûte quelque chose, qu'on doit la soutenir et assumer ces coûts. Il s'agit véritablement de savoir où l'on en est et où l'on va.

J'ai pris connaissance avec plaisir du début - et je dis bien du début - de l'avis du Conseil fédéral qui nous dit qu'il partage les constats que j'ai formulés, tout en me renvoyant à l'initiative Formation professionnelle 2030 et à une étude sur le financement de la formation professionnelle. Mais le but de mon postulat n'est pas seulement de parler du financement des cours interentreprises, mais plutôt d'avoir une vision générale de ces cours. C'est pour avoir cette transparence que je vous propose de ne pas considérer que ce postulat va à l'encontre du travail du Conseil fédéral, mais plutôt que c'est quelque chose qui complète le travail actuellement fait par le Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation. Je n'aurais bien évidemment aucune objection à ce que la réponse à ce postulat soit donnée dans le cadre de son travail, mais de manière à ce que l'on ait une vision générale des problèmes de la formation professionnelle.

C'est pourquoi je vous remercie de soutenir mon postulat.