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Bellaiche Judith · Nationalrat · 2021-12-14

Bellaiche Judith · Nationalrat · Zürich · Grünliberale Fraktion · 2021-12-14

Wortprotokoll

J'ai du mal à expliquer à mes enfants pourquoi nous débattons du respect des animaux dans un parlement. La dignité des animaux n'est-elle pas une chose des plus normales, un impératif tacite? Nous élevons des animaux dans le seul but de satisfaire nos désirs alimentaires, qui vont bien au-delà des besoins nutritifs de l'homme. Nous avons donc la responsabilité, l'obligation morale de les élever avec respect, avec dignité et, surtout, dans un habitat aussi naturel que possible. "Naturel" veut dire extensif, donc avec suffisamment de sorties en plein air, avec suffisamment d'espace vital, sans médication préventive et sans transports cruels.

Le lobby des agriculteurs, poussé par l'industrie de la viande, ne pense rien de tout cela. Il trouve que tout va très bien en Suisse, que les lois sont déjà assez strictes comme cela, et que le bétail suisse vit une existence de bien-être et de sérénité. La preuve: dans leur propre publicité que nous subventionnons d'ailleurs généreusement avec nos impôts, nos agriculteurs connaissent le nom de chacune de leurs poules, de leurs vaches et de leurs moutons par coeur. C'est attendrissant! Cependant, ils ne sont pas prêts à faire un seul pas dans la direction des initiants, même pas sous la forme du soutien à un contre-projet direct ou indirect. Il n'y a que la viande qui compte, tout le reste n'est que garniture.

Les Vert'libéraux sont déçus de cette indifférence perpétuelle. Nous saluons le contre-projet du Conseil fédéral et nous soutenons l'intention d'ancrer le bien-être des animaux au bon endroit, c'est-à-dire dans la Constitution. Et ceci ne doit pas seulement valoir pour le bétail, mais aussi pour tous les animaux.

Si l'on procède à une vue d'ensemble, il y a un lien étroit entre un élevage naturel et l'empreinte écologique de notre alimentation. Nous ne voulons certainement pas interdire la consommation de viande, et encore moins les produits d'origine animale, mais demandons à ce que la production de viande suive une logique écologique.

Ceci n'est tout simplement pas le cas avec l'élevage intensif, qui suit lui une logique de quantité au-dessus de la qualité. Nous n'avons pas jusqu'à ce jour entendu d'arguments convaincants contre le contre-projet direct. L'argumentation du lobby de la viande tourne principalement autour de craintes d'une hausse des prix. Mais nous n'avons pas pour but politique de produire autant de viande que possible à des prix les plus bas possibles.

Le contre-projet direct satisfait lui à l'objectif principal de l'initiative, tout en évitant son plus gros inconvénient, qui est l'incompatibilité avec nos dispositions d'importations et les contrôles excessifs qu'elle engendrerait. A ce sujet, nous voyons la solution dans des standards de transparence qui ont fait leur preuve dans le passé. Le consommateur et la consommatrice suisses sont très sensibles aux informations liées au bien-être de l'animal, comme l'a démontré le système de déclaration pour la volaille.

Par contre, nous critiquons le fait que le Conseil fédéral renonce dans son contre-projet direct à limiter la taille des troupeaux, car selon lui elle n'améliorerait pas directement le bien-être animal. Cela nous semble aberrant, l'espace de vie étant pour tout être vivant un critère principal de bien-être. Il n'y a qu'à voir la concentration d'animaux dans les élevages de volailles ou de vaches, ou plutôt les veaux auxquels on coupe les cornes afin de pouvoir les entasser dans des étables. Nous soutiendrons donc la minorité Grossen Jürg, qui vise à corriger cette aberration.

En définitive, les Vert'libéraux soutiendrons un contre-projet direct ou indirect afin d'offrir aux initiants ainsi qu'au consommateur, une issue appropriée et efficace à cette initiative.