Marra Ada · Nationalrat · 2022-03-16
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-03-16
Wortprotokoll
Chères et chers collègues, Mesdames et Messieurs jeunes et moins jeunes dans les tribunes, sur le fond, j'aimerais dire ceci: tous les moyens sont bons pour redynamiser notre démocratie. Il s'agit ici d'élargir le nombre de votantes et de votants dans notre pays. Je rappelle que 25 pour cent de la population ne possède pas le passeport suisse, c'est énorme, et qu'à quelques exceptions près ces personnes ne peuvent pas s'exprimer.
Plusieurs d'entre vous se sont politisés ou mobilisés quand ils étaient jeunes et pour des causes fortes: contre une guerre, en réaction à un vote populaire, etc. L'initiative parlementaire Arslan, qui fait suite à une même proposition de mes collègues Wyss et Allemann (07.456), revient à point nommé. En 2019, le thème mobilisateur pour des milliers de jeunes était le climat. La question des femmes a aussi pu mobiliser des centaines de milliers de personnes. Ces dernières années, le thème de la démocratie et de la participation a été évoqué. Comment faire pour prendre en compte toutes ces revendications dans nos institutions? Nous avons là un instrument tout trouvé: par le droit de vote, par la participation aux décisions.
Certains pensent que le vote est l'aboutissement d'une pensée citoyenne, sage et entraînée. D'autres, comme moi, pensent que c'est au contraire l'occasion d'intéresser des personnes à notre vie démocratique, à un des aspects les plus importants de notre démocratie. On peut aussi penser que, face à une démographie vieillissante, le droit de vote des plus jeunes est un bon équilibre dans la prise de décision. Il faut aussi pouvoir entendre celles et ceux qui viendront après nous. Pas seulement avec le ton paternaliste - "Nous ne devons pas laisser des dettes aux générations futures" - comme a pu le dire le représentant du groupe libéral-radical, mais en les considérant comme des citoyennes et des citoyens à part entière, sans penser d'ailleurs qu'il y a un vote jeunes. Par contre, la société change plus rapidement que ce que nous avons connu, et leur réalité ne nous apparaît parfois pas.
Notre conseil était convaincu par l'initiative en septembre dernier, la CIP-E aussi. Malheureusement, la majorité de la commission - la plus petite possible de la commission dans laquelle je siège - ne nous a pas laissé l'occasion de concrétiser ce souhait. En quinze ans, c'est une des rares fois que j'ai vu ce scénario se manifester.
Aujourd'hui, mon groupe, avec d'autres, vous demande ce que nous vous demandons depuis longtemps: la possibilité pour les jeunes qui le veulent de s'inscrire dans notre tradition participative, pilier de notre démocratie, en confirmant la position de notre conseil de septembre 2021.
Il y a des jeunes devant qui n'écoutent pas très bien, je dois le dire.