Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2022-05-09
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2022-05-09
Wortprotokoll
Nous organisons aujourd'hui la sortie des énergies fossiles, pétrole et gaz compris, et de l'énergie nucléaire. La décarbonisation et la fin de l'atome iront de pair avec une électrification massive et 100 pour cent renouvelable. Pour réussir, on compte sur un développement massif des énergies renouvelables avec un accent particulier mis sur le solaire, dont le potentiel est énorme, qui peut être facilement mis en oeuvre, est efficace à différentes échelles, et est, évidemment, bien accepté par la population. Il faut prendre des mesures allant de l'incitation aux contributions financières, en passant par la facilitation via les autorisations ou l'autoconsommation. L'enjeu est non seulement climatique, mais aussi économique, puisque le solaire est générateur d'emplois locaux, permet d'atteindre la souveraineté énergétique, et de contrôler les prix. C'est donc une réponse nécessaire à l'urgence climatique.
Mais on le sait aussi, à côté du changement climatique, le déclin de la biodiversité est une menace de plus en plus sérieuse pour l'humanité. Les deux crises sont liées, se renforcent mutuellement, et doivent donc être abordées conjointement. Assécher des tourbières en Suisse ou déboiser des forêts tropicales contribue au réchauffement de la planète. La hausse des températures a des répercussions directes sur les écosystèmes naturels et sur les espèces. Les crises du climat et de la biodiversité doivent donc s'appréhender ensemble.
La motion charge le Conseil fédéral, en collaboration avec les cantons, de lancer un programme d'impulsion fort, ambitieux, dans les domaines de l'énergie et de la biodiversité, deux domaines cruciaux, qui feront la différence et qui doivent aussi s'harmoniser.
L'accent sera mis sur le tournant énergétique, qui est à portée de main grâce à des solutions qui existent et qui ont déjà fait leurs preuves. C'est le soutien total au photovoltaïque qui peut, si on l'accompagne sans faille, produire rapidement un tiers de l'énergie électrique, sans oublier le potentiel des installations d'éoliennes, de biomasse, ou de géothermie, qui pourront assurer les derniers pourcentages. En parallèle, on insistera sur la mise en oeuvre rapide de la stratégie Biodiversité. Afin d'obtenir un impact direct, l'accent sera mis sur des mesures urgentes, qui seront déployées dans le cadre du plan d'action de la stratégie Biodiversité. Il s'agira en particulier de développer des synergies entre différents secteurs, entre agriculture et forêt, milieux naturels et réseaux routiers, et évidemment de protéger efficacement les tourbières.
Notre qualité de vie actuelle dépend de la biodiversité et de notre capacité à faire face aux importants changements climatiques. On le sait, en Suisse, d'ici 2050, les températures moyennes devraient augmenter de 2 à 3,3 degrés. Les évènements météorologiques extrêmes, comme les canicules, les sécheresses, les tempêtes, les inondations, se multiplieront à l'avenir. On sait dès lors que la biodiversité est notre meilleure assurance-vie pour nous adapter aux changements climatiques.
Pour réaliser cette transition, les auteurs de la motion proposent d'investir dans des programmes d'impulsion d'une durée de trois à cinq ans, qui devraient être rapidement mis en [PAGE 660] oeuvre, et de disposer d'un cadre financier de 3 à 4 milliards de francs, soit 0,5 pour cent de notre PIB. Ce n'est rien quand on sait à combien se montera la facture de la crise climatique, que l'OCDE estime dix fois supérieure à ce qui est proposé dans la motion.
Alors je vous remercie de dire oui aujourd'hui à cet investissement qui nous coûtera toujours moins cher que si on ne fait rien.