Juillard Charles · Ständerat · 2022-06-13
Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-06-13
Wortprotokoll
Après cet artifice de procédure un peu particulier, permettez-moi de revenir sur quelques éléments.
Il est vrai qu'il s'agit d'un débat idéologique, voire parfois dogmatique; or, à mon avis, on ne tient pas compte de la réalité du terrain. J'aimerais à ce stade rassurer les personnes qui ont tenu de grands discours: loin de moi l'idée de combattre l'évolution possible et nécessaire en ce qui concerne la protection du climat. Mais, Mesdames et Messieurs, quand on a mal aux dents, on va chez le dentiste et pas chez l'orthopédiste! Quand le prix du carburant monte aussi fortement et que celui-ci coûte si cher aux détenteurs d'une voiture, qui doivent l'utiliser parce qu'ils n'ont pas d'autre solution, comme dans l'exemple que j'ai cité tout à l'heure, on agit sur le prix du carburant ou du combustible.
Je l'ai aussi dit plus tôt: pour l'instant, nous n'avons pas encore les moyens de substitution nécessaires. Il n'y a pas assez de véhicules électriques et, d'ailleurs, pas assez d'électricité. Il n'y a pas davantage de moyens pour développer plus encore les transports publics dans les régions peu peuplées ou lorsque les créneaux horaires sont impossibles à densifier. Pour les personnes concernées, le plus souvent issues de la classe moyenne inférieure, il n'y a que les taxes qui permettent d'agir ou de réagir. Rien à voir avec les questions souvent soulevées sur la fiscalité, qui consistent à savoir à qui cela profite le plus.
Quant au prix des combustibles, c'est la même chose. Certes, nous avons davantage de solutions, notamment par l'assainissement des bâtiments. Mais ce qu'il faut voir, c'est que nous manquons soit des matériaux, soit de la main-d'oeuvre nécessaire. Vous l'avez lu - puisque, apparemment,[NB]dans notre conseil, on décide souvent après avoir lu la presse -, le SECO a annoncé que la Suisse comptait davantage de places de travail vacantes que de personnes au chômage. Je vous mets au défi de vous rendre sur le terrain et d'aller discuter avec des représentants d'entreprises actives dans le domaine de la construction et de l'assainissement des bâtiments. Le grand problème, c'est soit les matériaux, soit le personnel qu'ils ne trouvent pas. Ils n'ont pas de solution, ils ne rencontrent pas de succès.
C'est un peu de la realpolitik que je vous propose aujourd'hui. Offrons au Conseil fédéral la possibilité de mettre en place un mécanisme qui puisse être engagé rapidement afin de stopper tout aussi rapidement l'envolée des prix. Il ne s'agit pas de toucher aux taxes affectées, mais aux 45 pour cent de la taxe, ainsi qu'à la part de TVA de ces 45 pour cent qui tombe directement dans les caisses de l'Etat.
Je vous invite à soutenir ma motion, en pensant aux habitants des régions reculées et à leur pouvoir d'achat, ainsi qu'aux PME qui voient, encore une fois, leurs marges se réduire.