AB 303568
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-06-15
Wortprotokoll
A son article 3 alinéa 1, la loi sur l'asile définit qui sont les réfugiés en fonction du pays d'origine ou du pays de dernière résidence. Cette loi ne dit rien toutefois des pays de transit. Il y a là, à mon sens, une vraie lacune.
En effet, nombre de requérants traversent plusieurs Etats sûrs avant de déposer leur demande d'asile. Leur motivation n'a alors plus que des rapports assez lointains avec la fuite face à un danger pour leur vie, pour leur intégrité corporelle ou pour leur liberté, mais vient d'une conception qui consiste à considérer le monde comme une sorte de libre marché où chacun aurait en quelque sorte le droit de s'établir où bon lui semble, de préférence évidemment dans un pays où la vie est moins dure que dans le pays d'origine, et dans un pays à fort pouvoir d'attraction comme le nôtre, qui n'aurait d'autre choix que de consentir à ce qui apparaît comme une forme d'abus du système Schengen/Dublin.
Dans sa formulation en vigueur, avec cette lacune, la loi sur l'asile constitue une forme d'encouragement pour le pays de transit soit à fermer les yeux sur le transit de certains migrants, soit à ne pas enregistrer ceux-ci convenablement. En définitive, nous nous retrouvons avec un afflux de réfugiés et de requérants d'asile qui, si le système de Dublin fonctionnait vraiment, ne devraient pas pouvoir déposer de demande d'asile chez nous, à moins d'être arrivés par les airs.
L'UDC n'a jamais caché sa préférence pour un contrôle de nos frontières et pour une gestion autonomes de notre immigration, en lieu et place du système boiteux de Schengen/Dublin. Cet objectif n'est malheureusement, vu les rapports de force politiques, pas réalisable à court terme. L'UDC est en effet bien seule à considérer aujourd'hui que le contrôle de l'immigration est trop important pour être délégué à d'autres Etats, dont l'expérience montre qu'ils n'ont pas les mêmes intérêts que nous.
Contrairement à ce que soutient la majorité de la commission, l'objectif de mon initiative parlementaire, qui ne vise évidemment pas les personnes déplacées par la guerre en Ukraine et qui sont au bénéfice d'un statut de protection S, n'est pas de remettre en cause le système Schengen/Dublin, aussi boiteux soit-il, encore une fois.
Non, il s'agit plutôt, par une précision dans la loi, d'en garantir un meilleur fonctionnement et d'alléger d'autant la pression migratoire qui pèse sur notre pays et qui, évidemment, se poursuit, même si, aujourd'hui, les projecteurs sont surtout braqués sur l'Ukraine.