Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · 2022-06-16
Klopfenstein Broggini Delphine · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2022-06-16
Wortprotokoll
La dépendance énergétique à l'égard d'Etats autoritaires est dangereuse, et la crise actuelle nous le rappelle une nouvelle fois. De toute urgence, nous devons prendre le problème à la racine, c'est-à-dire nous émanciper de toute dépendance au pétrole et au gaz et accélérer le tournant énergétique. C'est là, au fond, la seule chance de nous en sortir. Pour préserver le climat bien sûr, mais aussi pour protéger nos porte-monnaies.
Les économies d'énergie ambitieuses, le développement rapide des énergies renouvelables, et la maîtrise de ce bien par le service public sont des options qui à la fois sont efficaces contre les risques de pénurie, contre la panne généralisée mais qui également donnent l'assurance de contrôler les prix.
Miser sur les énergies renouvelables et indigènes est non seulement utile pour le climat, mais stabilise aussi les prix de manière durable, assure davantage notre approvisionnement et réduit notre dépendance ainsi que notre participation au financement de la guerre. Nous ne pouvons y parvenir que si nous réduisons notre consommation de matières premières fossiles et donc si nous nous attaquons clairement à la racine du problème. [PAGE 1272]
Notre dépendance ne serait pas aussi grande aujourd'hui, si l'UDC n'avait pas freiné le tournant énergétique pendant des décennies.
Donc, quelle réponse donner dans l'immédiat, alors que les prix augmentent et affectent directement les ménages?
Premièrement, évidemment, il ne faut pas céder à la tentation de subventionner l'essence. C'est exclu! On irait là droit dans le mur, alors que précisément nous devons nous affranchir du pétrole. La solution de l'UDC aggrave le problème au lieu de le résoudre. Elle nous ferait dépendre davantage de l'étranger, et la Suisse, pays symbole de la démocratie directe, financerait ainsi des Etats autoritaires.
On le sait parfaitement, l'augmentation du prix des carburants est largement spéculative et alimente les caisses des groupes pétroliers et des compagnies qui vendent des carburants. C'est donc un clair non que les Verts visent ici, parce que l'augmentation du prix de l'énergie ne touche pas tous les ménages avec la même force, et il faut faire une distinction; il est important de prendre des mesures qui soient ciblées.
Nous sommes loin du principe de l'arrosoir que propose l'UDC. L'UDC est prête au fond à subventionner les propriétaires de SUV. Une fois que les compagnies pétrolières et les pays autoritaires auront de nouveau augmenté les prix, que le pétrole se raréfiera, que vous aurez réussi à supprimer toutes les taxes sur les énergies fossiles, que vous aurez voté contre les mesures favorables aux énergies renouvelables, que ferez-vous? Vous aurez mis la Suisse dos au mur. C'est ça la direction que vous voulez nous faire prendre aujourd'hui. C'est donc un clair non de la part du groupe des Verts.
Quelles mesures ciblées proposons-nous?
D'abord, le groupe des Verts demande d'adapter le calcul des prestations complémentaires, afin qu'il tienne entièrement compte des coûts plus élevés de l'énergie et des charges des locataires.
Ensuite, le levier des subsides à l'assurance-maladie est aussi un outil spécifique efficace, car cet allègement soulagerait les ménages qui en ont le plus besoin. Augmenter les subsides permettrait de soulager le budget général des ménages.
De plus, les économies d'énergie peuvent être généralisées. Nous le savons, l'énergie la plus verte est celle que l'on ne consomme pas. C'est la moins chère pour les consommatrices et consommateurs, mais c'est la plus dure à vendre. Il faut donc proposer des programmes de manière à réaliser des économies ciblées pour les ménages. Economiser de l'énergie soulage le porte-monnaie. Des gestes simples peuvent rapporter beaucoup. Quelques exemples: réduire de 1 degré la température de son appartement - cela permet d'économiser 6 pour cent d'énergie; éteindre l'éclairage inutile, les appareils en stand-by; recourir au covoiturage - on le sait, en moyenne, 1,6 personne occupe en moyenne une voiture par trajet; renoncer aux déplacements en voiture superflus ou les effectuer en transports publics - environ un tiers des trajets en voiture sont inférieurs à 3 kilomètres, 3 kilomètres c'est un trajet qu'on peut faire à pied, à vélo ou en transports publics; environ 10 pour cent des trajets ne font que 1 kilomètre, une distance qui peut tout à fait être parcourue à pied.
Enfin, on peut développer des offres avantageuses de transports publics. C'est là aussi la clé du succès pour inciter les pendulaires automobilistes à les utiliser. En parallèle, il est possible d'assurer un développement rapide et prioritaire dans les régions rurales et de montagne. A la place de la baisse des taxes que l'UDC souhaite instaurer, nous pourrions augmenter de manière conséquente le budget de Car postal, par exemple, afin de desservir toutes les régions plus dépendantes de l'automobile, telles que les régions de montagne.
Mais au-delà de ces axes forts et concrets, les Verts ont encore d'autres solutions: relever les fonds en faveur du tournant énergétique, surtout pour remplacer les chauffages à gaz installés, accélérer la protection climatique et le tournant énergétique. Nous avons donc de nombreuses solutions qui ne vont pas dans le sens de ce que propose le groupe UDC.
Le groupe des Verts vous invite donc à rejeter toutes les propositions du groupe UDC.