Polla Barbara · Nationalrat · 2003-03-05
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2003-03-05
Wortprotokoll
Le groupe libéral suit dans cette question le point de vue du Conseil fédéral et en particulier celui de M. Leuenberger, conseiller fédéral. Comme ce n'est pas toujours le cas, je me plais à le souligner au début de mon intervention.
En effet, les libéraux soutiennent la formation, ils l'ont toujours soutenue et ils continueront de le faire. Ils soutiennent notamment la formation professionnelle et notre excellent système dual, l'une des spécificités qui font le succès durable de notre pays. Mais les libéraux ne sont pas d'accord avec l'obligation en général, et ils ne sont pas d'accord avec l'obligation dans le cas particulier. Ils trouvent qu'il est inadéquat, inefficace, contre-productif d'obliger les entreprises, quand bien même elles ont besoin de former et qu'elles répondent ainsi à leurs propres besoins, spécifiquement les entreprises concessionnaires dans le domaine de la poste, des transports et des télécommunications, à proposer des formations professionnelles, alors même que certaines de ces entreprises sont confrontées en ce moment aux plus grandes difficultés, non pas pour former, mais pour survivre.
Inciter dans ce domaine, comme dans d'autres, voilà qui est bien plus efficace et bien plus libéral - libéral, donc efficace -, que d'obliger. Toutes les mesures incitatives sont en place. Je fais référence notamment aux arrêtés I et II sur les places d'apprentissage dont le rapport a clairement établi l'efficacité des mesures proposées pour motiver les entreprises à renforcer les prestations en matière de formation. De plus, l'arrêté II sur les places d'apprentissage concerne notamment l'informatique, la télématique et le multimédia. D'ailleurs, je le rappelais déjà ici en mars 2000 lorsque, pour la première fois, je vous incitais à ne pas donner suite à l'initiative parlementaire Strahm.
Ce projet superfétatoire tend à mettre en place une intervention de l'Etat dans un domaine qui doit être le fait des entreprises. L'intervention de l'Etat ne devrait être que subsidiaire sous forme d'incitation, je le répète, et non pas d'obligation.
Alors, le Conseil fédéral, je vous y rends attentifs, comme le groupe libéral, soutiennent bien entendu les objectifs de l'initiative parlementaire Strahm, mais le Conseil fédéral rejette comme nous les moyens proposés dans le projet. Je vous rappelle aussi que la nouvelle loi sur la formation professionnelle apporte une réponse au souci de M. Strahm de façon beaucoup plus efficace que sa propre solution: soutien aux places d'apprentissage, oui, obligation, non.
J'aimerais terminer en reprenant les excellents arguments développés par M. Heim, en fait contre sa propre opinion, mais pour son groupe. Il est vraiment important que tous ceux qui s'opposent à l'initiative populaire pour des places d'apprentissage et qui s'engagent pour que cette initiative soit rejetée au mois de mai et pour que, par contre, la loi sur laquelle nous avons travaillé tous ensemble soit mise en place, n'entrent pas en matière sur le projet issu de l'initiative parlementaire Strahm, comme M. Heim l'a si bien expliqué. Je vous remercie de soutenir sa proposition.