Couchepin Pascal · Bundesrat · 2003-03-10
Couchepin Pascal · Bundesrat · Wallis · 2003-03-10
Wortprotokoll
C'est que votre question n'est en réalité pas une question, mais un appel à un changement de la politique qui a été décidée par le Conseil fédéral et approuvée par le Parlement.
Je veux quand même relever un point particulier: d'abord, vous citez un chiffre qui est extrêmement douteux, probablement faux, puisque l'on estime le nombre d'immigrants illégaux en Suisse entre 80 000 et 200 000 ou 250 000 - c'est un grand maximum, et 250 000 semble être un chiffre exagéré.
Ensuite je vous rappelle, en tant qu'ancien ministre de l'économie, que l'extension des possibilités de travail est illimitée dans la mesure où il n'y a ni protection sociale ni niveau de salaire assez élevé. Si vous ouvrez les portes de la Suisse à tous, vous trouverez assez rapidement des gens venant de pays extrêmement pauvres, qui seront d'accord de venir travailler ici pour des salaires de misère qui feraient honte à notre pays.
Par conséquent, affirmer, parce qu'une partie des immigrants illégaux trouvent un emploi, que l'économie a besoin d'eux, c'est aller un peu vite. L'économie qui les utilise est souvent une économie qui n'est plus adaptée à l'économie moderne et qui est incapable de payer des salaires convenables. Si vous légalisez ces travailleurs, d'autres travailleurs immigrés illégaux risquent de prendre leur place et de répondre à ces "besoins" de travail sous-payé pour un pays comme le nôtre. C'est donc aussi pour protéger les travailleurs suisses et étrangers que nous ne voulons pas que se développe une zone grise dans le marché du travail du fait d'immigrants illégaux qui sont ensuite légalisés, puis de nouveaux immigrants illégaux qui seront ensuite légalisés. Nous voulons que les gens qui vivent ici puissent travailler légalement et avoir des salaires convenables.