Clivaz Christophe · Nationalrat · 2023-03-01
Clivaz Christophe · Nationalrat · Wallis · Grüne Fraktion · 2023-03-01
Wortprotokoll
Les conséquences de la pandémie de COVID-19 sur la santé mentale de la population suisse sont particulièrement importantes. Une récente enquête nationale menée par l'Université de Bâle a par exemple mis en évidence un doublement des symptômes dépressifs graves dans la population suisse, de 9 à 18 pour cent entre avril et novembre 2021.
Ce phénomène est particulièrement préoccupant parmi les jeunes, avec une augmentation des demandes d'hospitalisations au CHUV pour crises suicidaires de près de 50 pour cent en 2021 par rapport aux années précédentes. Ces chiffres viennent confirmer ceux de La Main tendue, le 143, qui a connu en 2020 une augmentation importante d'entretiens mentionnant des souffrances mentales, des tendances suicidaires ou des inquiétudes face à la gestion de la vie quotidienne. Dans ce contexte postpandémique, le travail d'organisations comme La Main tendue est vraiment important.
Toutefois, il n'existe actuellement aucune base légale permettant un soutien pérenne à ces associations de portée nationale dans la prévention du suicide et des violences. Une cosubvention servant à couvrir l'augmentation de leur activité, octroyée par l'Office fédéral de la santé publique et Promotion Santé Suisse, a certes pu être obtenue en peu de temps dans le cadre de la pandémie. Mais ce financement n'est pas pérenne. Quant aux financements actuels de Promotion Santé Suisse, ils se font exclusivement sur la base de projets et n'offrent pas une sécurité financière suffisante à de telles associations. Il en va de même des financements du Bureau fédéral de l'égalité pour les projets de prévention des violences.
La santé mentale, la prévention de la violence et du suicide ont jusqu'à présent fait figure de parents pauvres au niveau national. Avec la pandémie, ces thèmes ont toutefois été remis au centre des préoccupations au niveau de la Confédération. Toutefois, il manque une base juridique suffisante au niveau fédéral pour assurer que les programmes de prévention cantonaux soient conçus de manière plus uniforme et plus étendue et pour s'assurer que des acteurs importants, tels que les ONG nationales, puissent être financés de manière plus durable.
L'argument fédéraliste, selon lequel ce serait aux cantons de financer ces organisations, ne tient pas compte de manière adéquate de la grande mobilité des personnes en Suisse et conduit à un gaspillage d'argent, à un manque de clarté quant à l'endroit où s'adresser et à un manque de soins, ainsi qu'à un risque important de grande disparité entre régions ou cantons.
Pour ces différentes raisons, je vous invite à soutenir ma motion.